2040 : Tous dans l'espace ?
eBook - ePub

2040 : Tous dans l'espace ?

Astrophysique, astronautique : ce que vous pourrez voir d'ici 20 ans

  1. French
  2. ePUB (adaptée aux mobiles)
  3. Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub

2040 : Tous dans l'espace ?

Astrophysique, astronautique : ce que vous pourrez voir d'ici 20 ans

À propos de ce livre

Vols habités jusqu’à Mars et au-delà, débris orbitaux, astéroïdes tueurs, énergie et matière noire... l’astrophysique et l’astronautique recèlent encore bien des mystères, pour les passionnés autant que pour toute personne ayant un jour levé les yeux vers les étoiles.

Que pourra-t-on voir dans le ciel en 2040?

À l’heure où la réalité rejoint la fiction, où l’espace est plus que jamais un enjeu géopolitique, économique et climatique majeur, Maxime et Hugo Lisoir nous invitent à voyager dans le temps. Entre rétrospective et prospective, le décryptage des grandes étapes passées de la conquête du cosmos, nous entraine à la découverte de la grande aventure spatiale de demain. Les frères  Maxime et Hugo Lisoir  sont les créateurs de la chaîne YouTube de vulgarisation scientifique Hugo Lisoir suivie par plus de 340 000 abonnés. Leur passion? Tout ce qui touche à l’espace! Ils publient toutes les semaines des dossiers complets et des vidéos de questions-réponses sur les avancées de la recherche en astronomie, en astronautique et sur le New Space.

Foire aux questions

Oui, vous pouvez résilier à tout moment à partir de l'onglet Abonnement dans les paramÚtres de votre compte sur le site Web de Perlego. Votre abonnement restera actif jusqu'à la fin de votre période de facturation actuelle. Découvrez comment résilier votre abonnement.
Non, les livres ne peuvent pas ĂȘtre tĂ©lĂ©chargĂ©s sous forme de fichiers externes, tels que des PDF, pour ĂȘtre utilisĂ©s en dehors de Perlego. Cependant, vous pouvez tĂ©lĂ©charger des livres dans l'application Perlego pour les lire hors ligne sur votre tĂ©lĂ©phone portable ou votre tablette. DĂ©couvrez-en plus ici.
Perlego propose deux abonnements : Essentiel et Complet
  • Essentiel est idĂ©al pour les Ă©tudiants et les professionnels qui aiment explorer un large Ă©ventail de sujets. AccĂ©dez Ă  la bibliothĂšque Essentiel comprenant plus de 800 000 titres de rĂ©fĂ©rence et best-sellers dans les domaines du commerce, du dĂ©veloppement personnel et des sciences humaines. Il comprend un temps de lecture illimitĂ© et la voix standard de la fonction Écouter.
  • Complet est parfait pour les Ă©tudiants avancĂ©s et les chercheurs qui ont besoin d'un accĂšs complet et illimitĂ©. AccĂ©dez Ă  plus de 1,4 million de livres sur des centaines de sujets, y compris des titres acadĂ©miques et spĂ©cialisĂ©s. L'abonnement Complet comprend Ă©galement des fonctionnalitĂ©s avancĂ©es telles que la fonction Écouter Premium et l'Assistant de recherche.
Les deux abonnements sont disponibles avec des cycles de facturation mensuels, semestriels ou annuels.
Nous sommes un service d'abonnement Ă  des ouvrages universitaires en ligne, oĂč vous pouvez accĂ©der Ă  toute une bibliothĂšque pour un prix infĂ©rieur Ă  celui d'un seul livre par mois. Avec plus d'un million de livres sur plus de 1 000 sujets, nous avons ce qu'il vous faut ! DĂ©couvrez-en plus ici.
Recherchez le symbole Écouter sur votre prochain livre pour voir si vous pouvez l'Ă©couter. L'outil Écouter lit le texte Ă  haute voix pour vous, en surlignant le passage qui est en cours de lecture. Vous pouvez le mettre sur pause, l'accĂ©lĂ©rer ou le ralentir. DĂ©couvrez-en plus ici.
Oui ! Vous pouvez utiliser l'application Perlego sur les appareils iOS ou Android pour lire Ă  tout moment, n'importe oĂč, mĂȘme hors ligne. Parfait pour les trajets quotidiens ou lorsque vous ĂȘtes en dĂ©placement.
Veuillez noter que nous ne pouvons pas prendre en charge les appareils fonctionnant sur iOS 13 et Android 7 ou versions antérieures. En savoir plus sur l'utilisation de l'application.
Oui, vous pouvez accéder à 2040 : Tous dans l'espace ? par Hugo Lisoir,Maxime Lisoir en format PDF et/ou ePUB ainsi qu'à d'autres livres populaires dans Biological Sciences et Essays on Science. Nous disposons de plus d'un million d'ouvrages à découvrir dans notre catalogue.

Informations

Éditeur
Alisio
Année
2021
Imprimer l'ISBN
9782379351297

UN NOUVEL ÉLAN VERS LES ÉTOILES

Chapitre 1

L’ÉMERGENCE DU GÉANT CHINOIS

L’ascension Ă©conomique de la Chine au cours des trois derniĂšres dĂ©cennies et son accession au statut de grande puissance ont bouleversĂ© la donne sur la scĂšne internationale. Tous les secteurs d’activitĂ© sont concernĂ©s, et le spatial n’échappe pas Ă  la rĂšgle. L’évolution est particuliĂšrement impressionnante depuis le milieu des annĂ©es 2000. En multipliant les lancements et les programmes, la Chine s’est taillĂ© une place de leader dans le club trĂšs fermĂ© des pays disposant d’un accĂšs autonome Ă  l’espace. Elle est aujourd’hui le pays qui organise chaque annĂ©e le plus grand nombre de lancements. En 2018, PĂ©kin a ainsi procĂ©dĂ© Ă  39 tirs orbitaux, soit 5 de plus que les États-Unis, 19 de plus que la Russie, et 31 de plus que l’Europe ! Une situation impensable Ă  peine dix ans auparavant. L’agence spatiale chinoise, la CNSA*, est active dans l’exploration de la Lune et de Mars. DĂ©but 2019, elle s’est distinguĂ©e en devenant le premier acteur au monde Ă  poser un atterrisseur sur la face cachĂ©e de notre satellite. L’agence travaille sur des sondes Ă  destination des gĂ©antes gazeuses et possĂšde ses propres stations spatiales. Le pays a beaucoup investi sur le vol habitĂ©, ce qui lui permet aujourd’hui de disposer de capacitĂ©s qui font dĂ©faut Ă  l’Europe et qui viennent tout juste d’ĂȘtre restaurĂ©es aux États-Unis. PĂ©kin vient par ailleurs de finaliser la mise en orbite de sa propre constellation* de positionnement par satellite. Ce GPS Chinois offre un argument gĂ©opolitique de poids au pays, en permettant aux nations alliĂ©es de se dĂ©tacher de l’influence amĂ©ricaine. On se demande donc quand cette ascension fulgurante va prendre fin, ou si elle va au moins ralentir.

LENTEMENT MAIS SÛREMENT

L’émergence de la Chine spatiale s’est dĂ©roulĂ©e en totale autarcie ou presque. PĂ©kin n’est pas impliquĂ© dans les programmes liĂ©s Ă  la Station spatiale internationale et ne participe pas aux grandes missions d’exploration menĂ©es par la NASA. Le pays a cependant bĂ©nĂ©ficiĂ© de transferts de technologies de la part de Moscou, et entretient quelques liens avec des nations europĂ©ennes, dont la France. Ce qui distingue fortement le programme spatial chinois de ses Ă©quivalents amĂ©ricain, europĂ©en ou russe, c’est son rythme lent et mesurĂ©. Les objectifs sont ambitieux, mais le pays n’hĂ©site pas Ă  se donner dix ou vingt ans pour les remplir. Cette dĂ©marche est rendue possible par la stabilitĂ© politique du pays. Le pouvoir central n’a pas Ă  se prĂ©occuper d’élections et peut donc se permettre de voir sur le long terme. Le programme d’exploration de la Lune Chang’e par exemple, va bientĂŽt cĂ©lĂ©brer ses vingt ans, et devrait continuer sur sa lancĂ©e pendant au moins une ou deux autres dĂ©cennies.
Cette relative stabilitĂ© permet de se projeter assez facilement dans l’avenir spatial du pays. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons choisi de traiter ce thĂšme dans le premier chapitre de ce livre. Les prĂ©visions que nous allons maintenant apporter s’appuient sur un certain nombre d’hypothĂšses. La premiĂšre, c’est que le parti communiste chinois va rester la force politique dominante dans le pays. Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral Xi Jinping dispose a priori d’un poste Ă  vie. En 2040, il aurait 86 ans : il y a donc de bonnes chances pour qu’on assiste Ă  au moins une passation de pouvoir. Nous allons supposer que ce changement de dirigeant n’affectera pas ou peu la politique spatiale du pays. La seconde hypothĂšse sur laquelle se basent nos prĂ©dictions est que la Chine va continuer son dĂ©veloppement Ă  un rythme soutenu. Peut-ĂȘtre pas avec les 10 % de croissance annuelle des annĂ©es 2000, mais tout de mĂȘme avec un taux susceptible de rendre les Occidentaux jaloux. En 2040, La Chine devrait donc se battre Ă©paule contre Ă©paule avec les États-Unis pour la place de premiĂšre Ă©conomie du monde.
Une Ă©conomie plus forte, c’est une capacitĂ© d’investissement plus importante, et cette puissance devrait avoir des rĂ©percussions sur les activitĂ©s spatiales du pays. L’accĂ©lĂ©ration fulgurante Ă  laquelle nous avons assistĂ© au cours des quinze derniĂšres annĂ©es va donc probablement se poursuivre. En 2040, l’agence spatiale chinoise et les entreprises privĂ©es du pays tireront probablement plus de 100 lanceurs* orbitaux par an. Soit l’équivalent de l’activitĂ© spatiale de l’ensemble de la planĂšte en 2020. Le pays disposera de tout un arsenal de moyens de lancement, allant du microlanceur au mastodonte capable de placer 100 tonnes en orbite en un seul tir. Cette vaste panoplie permettra de soutenir toute une gamme d’applications allant du vol habitĂ© Ă  l’exploration du SystĂšme solaire, en passant par les tĂ©lĂ©communications ou la dĂ©fense.
Pour en arriver lĂ , le pays va continuer sa dĂ©marche de dĂ©veloppement incrĂ©mental. Il ne tombera probablement pas dans le piĂšge d’une course Ă  l’espace trĂšs coĂ»teuse avec les États-Unis. Celle des annĂ©es 1960 a pesĂ© trĂšs lourdement sur l’économie soviĂ©tique, et on peut parier que PĂ©kin a retenu la leçon. Cela ne signifie pas pour autant que l’agence spatiale chinoise sera en retard sur ses homologues amĂ©ricaine, europĂ©enne, russe ou indienne, bien au contraire. La NASA est capable de mobiliser Ă©normĂ©ment de moyens humains et financiers pour parvenir rapidement Ă  un objectif. Elle en a fait la dĂ©monstration lors du programme Apollo. Elle doit par contre s’accommoder d’un leadership changeant. Tous les quatre Ă  huit ans, un nouveau locataire s’installe Ă  la Maison-Blanche, et bien souvent, il change complĂštement l’orientation du programme spatial du pays. Ce qui implique la perte d’annĂ©es de recherche et de dĂ©veloppement pour se lancer dans une nouvelle direction. Sous l’emprise du parti communiste, la Chine ne s’embarrasse pas du processus dĂ©mocratique. Ce qu’elle perd en vitesse de dĂ©veloppement, elle le gagne donc en stabilitĂ©. Entre 2004 et 2020, la NASA a d’abord jetĂ© toute son Ă©nergie vers la Lune, puis sous Obama, elle a redirigĂ© ses efforts vers l’exploration d’astĂ©roĂŻdes, avant de revenir s’intĂ©resser Ă  la Lune une fois Donald Trump au pouvoir. Au cours de la mĂȘme pĂ©riode, la CNSA* est restĂ©e concentrĂ©e sur l’objectif lunaire, sans jamais se laisser distraire. Si bien qu’en 2020, elle dispose de plus de missions actives Ă  la surface de notre satellite que l’agence spatiale amĂ©ricaine.
Au cours des vingt prochaines annĂ©es, il y a de bonnes chances pour que le scĂ©nario se rĂ©pĂšte. La CNSA* avancera lentement mais sĂ»rement vers des objectifs dĂ©finis longtemps Ă  l’avance, tandis que la NASA devra jongler entre les souhaits des rĂ©publicains et ceux des dĂ©mocrates.

DESTINATION LUNE

L’un des objectifs principaux de l’agence spatiale chinoise restera la Lune et, en 2040, le pays devrait avoir rĂ©alisĂ© des progrĂšs fulgurants. La Chine a dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ© cinq grandes missions lunaires robotisĂ©es. Elle vient notamment de rĂ©ussir un retour d’échantillons, avec la mission Chang’e 5. Cela signifie que le pays maĂźtrise tous les aspects techniques nĂ©cessaires au voyage habitĂ© jusqu’à la surface de la Lune. Il est capable d’y envoyer un vaisseau et de l’en faire revenir. Il ne reste maintenant plus qu’à rĂ©pĂ©ter la mĂȘme opĂ©ration avec des hommes. Cela devrait tout de mĂȘme prendre un certain temps. L’agence spatiale chinoise pourrait tenter un vol habitĂ© vers la Lune au tournant de la dĂ©cennie 2030. La premiĂšre mission s’apparenterait probablement aux programmes Apollo et Artemis amĂ©ricains, avec des sĂ©jours courts centrĂ©s autour d’un plantĂ© de drapeau.
À plus long terme, les Chinois ne cachent pas qu’ils considĂšrent la Lune comme un objectif gĂ©ostratĂ©gique. La Chine compte dĂ©jĂ  envoyer certaines de ses missions robotiques vers cette rĂ©gion. On imagine facilement que les vols habitĂ©s suivront la mĂȘme logique.
POURQUOI LE PÔLE SUD LUNAIRE EST-IL L’OBJET DE TOUTES LES CONVOITISES ?
D’une part, on y trouve des cratĂšres dont les profondeurs ne voient jamais la lumiĂšre du Soleil. En 2018, une Ă©quipe amĂ©ricaine a dĂ©montrĂ© qu’ils abritent de la glace d’eau, une ressource jugĂ©e fondamentale car elle peut ĂȘtre utilisĂ©e pour produire du carburant de fusĂ©e. Avec une station-service sur place, le voyage vers la Lune et mĂȘme au-delĂ  deviendrait beaucoup plus simple. Qui maĂźtrisera le pĂŽle Sud lunaire s’ouvrira donc des options sur l’ensemble du SystĂšme solaire et de ses ressources. C’est Ă©videmment une perspective de trĂšs long terme, mais ni les Chinois ni les AmĂ©ricains ne souhaitent laisser l’exclusivitĂ© d’une telle option Ă  la puissance rivale. L’autre intĂ©rĂȘt majeur du pĂŽle Sud lunaire rĂ©side dans ce qu’on appelle les pics de lumiĂšre Ă©ternelle. Du fait de l’inclinaison du satellite par rapport au Soleil, certains de ses reliefs sont presque continuellement exposĂ©s Ă  la lumiĂšre. Ce qui en fait des cibles de choix pour dĂ©poser quelques panneaux photovoltaĂŻques. Avec de l’eau et de l’électricitĂ© potentiellement disponibles, le pĂŽle Sud de la Lune est un endroit bien moins hostile que le reste de notre satellite.
Si l’agence spatiale chinoise parvient Ă  rĂ©aliser un vol habitĂ© vers la Lune autour de 2030, une base permanente ou semi-permanente en 2040 paraĂźt envisageable. Le programme Apollo avait perdu sa raison d’ĂȘtre aprĂšs le triomphe des premiers alunissages : une fois les SoviĂ©tiques battus, les États-Unis n’avaient plus de raison de supporter un programme aussi coĂ»teux. L’agence spatiale chinoise en revanche ne semble pas vouloir se placer dans une logique de course avec Washington. Une fois les premiers Chinois envoyĂ©s sur la Lune, elle devrait continuer Ă  dĂ©rouler lentement et sĂ»rement la suite de son programme. On pourrait donc voir une base lunaire, puis le dĂ©but de l’exploitation des ressources du pĂŽle Sud au cours de la dĂ©cennie 2040.

LE VOL HABITÉ EN ORBITE BASSE*

En plus de l’aventure lunaire, PĂ©kin devrait mettre l’accent sur le vol habitĂ© en orbite basse*. En 2040, le pays disposera d’au moins une station occupĂ©e de maniĂšre permanente. Cela lui offrira un argument de poids dans ses relations internationales, puisque la Chine sera ainsi en mesure d’inviter des astronautes de diverses nations Ă  venir y sĂ©journer. Une dĂ©monstration sans Ă©quivoque de la puissance et de la gĂ©nĂ©rositĂ© du pays. Au-delĂ  de cette fonction de prestige, la ou les station(s) chinoise(s) pourront servir Ă  supporter la recherche scientifique, et Ă©ventuellement ĂȘtre convertie(s) en usine(s) de fabrication orbitale.
L’AVENIR RADIEUX DE LA FABRICATION ORBITALE
Construire en orbite peut avoir plusieurs applications. Avec les procĂ©dĂ©s de l’impression 3D, il est possible d’assembler directement dans l’espace des structures qui ne tiendraient pas sous la coiffe d’une fusĂ©e. Les stations, satellites et autres vaisseaux pourront ainsi adopter des formes bien plus libres que celles qu’ils ont aujourd’hui. Les stations spatiales pourraient jouer un rĂŽle central dans la naissance de ces vĂ©ritables chantiers navals orbitaux. Des expĂ©riences allant dans ce sens vont ĂȘtre rĂ©alisĂ©es dĂšs l’annĂ©e prochaine par le satellite Archinaut One.
L’autre application de la fabrication en orbite concerne les matĂ©riaux. En microgravitĂ©, certains d’entre eux ne se comportent pas comme sur Terre et adoptent des propriĂ©tĂ©s inĂ©dites. En 2016, la NASA a ainsi annoncĂ© qu’elle allait supporter la fabrication de fibres optiques Ă  bord de la Station spatiale internationale. Les fibres rĂ©sultantes sont trĂšs pures, car l’absence de pesanteur empĂȘche des cristaux de s’y former (un rĂ©sultat impossible Ă  reproduire sur Terre). Tout comme l’agence spatiale amĂ©ricaine, la CNSA* (Chinese National Space Administration) va chercher Ă  dĂ©velopper ce type d’applications au cours des prochaines dĂ©cennies. Les matĂ©riaux fabriquĂ©s en orbite resteront probablement bien trop coĂ»teux pour intĂ©grer des produits de la vie quotidienne, mais ils supporteront sans doute des applications de recherche et de dĂ©fense.

LOGIQUES GUERRIÈRES

La Chine et les États-Unis semblent se diriger vers une logique de nouvelle guerre froide et c’est d’autant plus vrai pour tout ce qui se passe en orbite. Depuis dĂ©jĂ  dix ans, la NASA a interdiction formelle de collaborer avec la Chine, une situation qui mĂšne Ă  des programmes complĂštement sĂ©parĂ©s et bien souvent concurrents. AmĂ©ricains et Chinois investissent d’ailleurs massivement dans le spatial militaire. Sous l’impulsion de Donald Trump, les États-Unis viennent de crĂ©er la Space Force, un corps d’armĂ©e entiĂšrement dĂ©diĂ© Ă  la guerre au-delĂ  de l’atmosphĂšre. Les Chinois disposent dĂ©jĂ  d’un organe Ă©quivalent depuis cinq ans. Au cours des vingt prochaines annĂ©es, on peut imaginer que PĂ©kin va accentuer ses capacitĂ©s offensives et dĂ©fensives dans ce domaine : armes antisatellites placĂ©es au sol ou directement en orbite, satellites hyper manƓuvrants capable d’aller inspecter ou saboter d’autres engins spatiaux, et bien sĂ»r des moyens d’espionnage toujours plus nombreux et sophistiquĂ©s.
L’espace comme nouveau champ de conflit est une tendance qu’on voit Ă©merger depuis maintenant quelques annĂ©es. Si pour le moment aucune action hostile n’a jamais Ă©tĂ© entreprise directement en orbite, les choses pourraient rapidement changer. La Chine aspire Ă  devenir une puissance militaire de premier plan et ne peut donc pas fermer les yeux sur cette possibilitĂ©. Nous dĂ©taillerons ce sujet plus en profondeur dans le chapitre dĂ©diĂ© Ă  la guerre dans l’espace.

MARS DANS LE VISEUR, ENTRE AUTRES


Fort heureusement, une bonne partie du programme spatial chinois devrait continuer Ă  supporter des visĂ©es scientifiques. En plus de son effort lunaire, la CNSA* a Mars dans le viseur. L’agence spatiale chinoise vient de lancer sa premiĂšre ...

Table des matiĂšres