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Né le 7 décembre 1913 à Göteborg, en Suède, Per Anger accomplit ses études supérieures de droit à l’université de Stockholm et à celle d’Uppsala. Humaniste, épris de justice sociale et adversaire résolu de toutes les dictatures, il décide de mettre en accord son métier avec ses idéaux. Passionné de musique classique et de littérature, il aime les longues balades solitaires en forêt, tout en cultivant la fidélité à l’amitié.
Diplômé en 1939, il rejoint le ministère suédois des Affaires étrangères, qui lui propose un poste de stagiaire à la légation suédoise de Berlin. Il prend ses fonctions en janvier 1940. Il reçoit des informations militaires sur les plans allemands d’invasion de la Norvège et du Danemark en avril 1940. Il établit des contacts avec des militaires allemands antinazis, qui l’informent des opérations futures de la Wehrmacht. Il transmet les divers renseignements à son gouvernement. Francophile, il est ébranlé par la défaite militaire de la France en mai-juin 1940. Il voit dans le nazisme la bête immonde qu’il convient de combattre par tous les moyens. La neutralité de son pays lui permet d’effectuer de nombreux voyages en Allemagne, afin d’y rencontrer des opposants au régime hitlérien. Mais la Gestapo commence à le surveiller de près.
En juin 1941, Per Anger revient en Suède. En novembre 1942, il est envoyé à Budapest en tant que secrétaire de l’ambassade de Suède. La Hongrie, engagée dans la guerre aux côtés de l’Allemagne contre la Russie soviétique, collabore en partie à la déportation des Juifs. Divers mouvements nationalistes antisémites s’activent aux côtés des nazis dans la chasse aux Juifs.
En mars 1944, la Hongrie, sentant venir la défaite prochaine, tente de quitter son alliance avec Hitler, mais ce dernier fait envahir le pays par ses forces armées. La répression contre les Juifs redouble d’intensité. Per Anger s’active courageusement dans le sauvetage des Juifs de Hongrie, en leur fournissant des passeports suédois, afin de les protéger de la déportation. Le 9 juillet 1944, avec l’aide de Raoul Wallenberg, il fonde des lieux d’accueil pour les Juifs dans toute la ville de Budapest. Anger et Wallenberg se rendent sur place, lors des arrestations, et font littéralement arracher les victimes des convois de déportation, en présentant des listes de Juifs prétendument « suédois ». En établissant plus de 700 passeports, ils sauvent ainsi de nombreuses vies.
Après l’invasion soviétique de la Hongrie en 1945, Per Anger rejoint la Suède, alors que son compagnon de route Wallenberg, arrêté par Staline, disparaît dans des conditions troublantes. La Seconde Guerre mondiale terminée, Per Anger occupe de nombreux postes diplomatiques en Égypte, en Éthiopie, en France, en Autriche et aux États-Unis. Il prend la direction du programme suédois d’aide internationale, puis devient ambassadeur en Australie, au Canada et aux Bahamas. Durant cette période, il recherche activement son ami Wallenberg, allant jusqu’à rencontrer Mikhaïl Gorbatchev, chef du gouvernement soviétique. En l’an 2000, il apprend que Wallenberg est mort dans les prisons de Staline en 1947.
En 1982, Per Anger est reconnu par l’Institut Yad Vashem comme Juste parmi les Nations. En 1995, il est décoré de l’ordre du mérite de la république hongroise. Il est fait citoyen honoraire d’Israël en 2000. En 2001, il reçoit le prix humanitaire Raoul-Wallenberg et, en avril 2002, le Premier ministre suédois, Göran Persson, lui remet la médaille d’or « Illis Quorum Meruere Labores » pour couronner l’ensemble de sa carrière exceptionnelle en faveur de l’humanité. Il décède d’une crise cardiaque le 26 août 2002, à 88 ans, à Stockholm11.