Le portrait de notre époque sous la plume de l'un des plus grands historiens contemporains.
Au miroir de l'histoire, l'actualitĂ© s'Ă©claire. MĂȘlant sujets graves et lĂ©gers, Emmanuel de Waresquiel nous parle, avec finesse et humour, de notre indispensable besoin d'histoire. Une maniĂšre savoureuse et insolite de prendre l'air du temps.

- 161 pages
- French
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- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
Le Temps de s'en apercevoir
Ă propos de ce livre
Informations
DU CĂTĂ DE MA MĂRE
Nous sommes tous peu ou prou les hĂ©ritiers dâune mĂ©moire familiale qui est Ă lâhistoire ce que le miroir est Ă celui qui sây contemple. Cette mĂ©moire-lĂ est forcĂ©ment trop belle, pleine de trous, dâoublis, de dĂ©formations. Lâhistorien avance chargĂ© de ses archives et de sa mĂ©thode. Les chemins quâil emprunte sont toujours bordĂ©s de garde-fous. Il nâen est pas moins le dĂ©positaire dâune histoire singuliĂšre. Sa sensibilitĂ© au passĂ© ne ressemble Ă aucune autre. Il ne vit pas non plus enfermĂ© dans une tour dâivoire. Il faut bien me dira-t-on quâune porte soit ouverte ou fermĂ©e, et pourtant jâaime cette idĂ©e que lâon peut ĂȘtre Ă la fois devant et derriĂšre la porte, que lâon nâa pas la clef et que lâon regarde par le trou de la serrure.
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Mon pĂšre avait les pieds solidement plantĂ©s dans le prĂ©sent. Ma mĂšre aimait les histoires. Dans ma mĂ©moire familiale, le cĂŽtĂ© maternel, le cĂŽtĂ© lorrain, lâa longtemps emportĂ©. GrĂące Ă elle le passĂ© mâest trĂšs vite devenu vivant par la figure de ceux de sa tribu qui lâhabitaient et dont elle me parlait comme sâils Ă©taient encore lĂ .
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Il y eut dâabord, sous lâAncien RĂ©gime, deux Jean-Baptiste, appelĂ©s respectivement la « Grande » et la « Petite perruque », selon une taxinomie exclusivement familiale doublĂ©e dâune mnĂ©monique commodĂ©ment visuelle. Dans son portrait, le premier Jean-Baptiste est affublĂ© dâune avantageuse perruque du temps de la RĂ©gence. La perruque du second, courte et bouclĂ©e, Ă©tait Ă la mode sous le rĂšgne de Louis XV. Ce sont ces deux-lĂ qui vont faire la fortune de la famille. Au premier, lâargent, grĂące Ă la charge plus que lucrative de trĂ©sorier gĂ©nĂ©ral de lâextraordinaire des guerres, câest-Ă -dire le fermier des fonds de tout ce qui dĂ©passait les dĂ©penses militaires initialement prĂ©vues, une habitude en France ; au second, les titres et les honneurs. Sa terre de Pange est Ă©rigĂ©e en marquisat par Stanislas Leszczynski, duc de Lorraine, sous le rĂšgne de Louis XV. Jean-Baptiste a beau porter le titre honorifique de grand bailli dâĂ©pĂ©e de la ville de Metz, il vit Ă Paris, fastueusement dâailleurs, entre son hĂŽtel, toujours debout, rue Vieille-du-Temple, et sa collection de peintures italiennes dont il ne reste plus rien aujourdâhui. Il meurt en 1780, assis sur prĂšs de quatre millions de livres. De quoi voir venir ! Des sept enfants quâil eut de ses deux mariages, je connais surtout les garçons. Les trois frĂšres Pange. Ils mâintĂ©ressent parce quâils ont vĂ©cu dans un monde instable et bouleversĂ©, infiniment plus dangereux que le nĂŽtre, mais aussi parce que les choix quâils ont faits tiennent moins Ă leur naissance quâĂ des tempĂ©raments et Ă des caractĂšres.
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Ils appartiennent Ă cette gĂ©nĂ©ration si particuliĂšre des annĂ©es 1760 qui a connu la douceur de vivre de la fin du rĂšgne de Louis XVI, puis les enthousiasmes comme la violence rĂ©volutionnaires, et pour ceux qui ont survĂ©cu aux annĂ©es noires de la Terreur, la difficile adaptation Ă un monde brutalement nouveau. Ils sâappellent Louis, François et Jacques. Ils sont trĂšs proches et en mĂȘme temps trĂšs diffĂ©rents. Au risque de prolonger indĂ©finiment les rĂȘves de famille, le premier est pour moi « lâĂ©pĂ©e », le deuxiĂšme « la plume » et le troisiĂšme « la bourse ».
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LâaĂźnĂ©, Louis, Ă©tait le plus flamboyant de la fratrie. Militaire par vocation autant que par la grĂące de ses alliances, il participe Ă lâexpĂ©dition française engagĂ©e contre lâAngleterre aux cĂŽtĂ©s des insurgents amĂ©ricains et assiste comme aide de camp du baron de ViomĂ©nil Ă la prise de la ville de Yorktown qui, en octobre 1781, dĂ©cidera du sort et de lâindĂ©pendance de la future ConfĂ©dĂ©ration amĂ©ricaine. Il entre ensuite comme colonel en second au rĂ©giment des hussards hongrois de Bercheny dont le colonel propriĂ©taire est son propre beau-frĂšre. On le voit encore dans son uniforme chatoyant de cavalier, dolman bleu et parements rouges, tel quâun peintre dont jâai oubliĂ© le nom lâa fixĂ© tardivement pour la postĂ©ritĂ©. La chute du roi en 1789 a de multiples causes, mais il en est une quâon passe trop souvent sous silence. En juillet, lâarmĂ©e abandonne son chef, les soldats se mutinent et dĂ©sertent. Seuls quelques rares rĂ©giments, trĂšs vite qualifiĂ©s dâ« étrangers », restent fidĂšles au roi. Ceux-lĂ mĂȘmes qui, dans la tradition monarchique des recrutements, sont essentiellement composĂ©s dâAllemands ou de Hongrois. Louis et une partie de ses hussards Ă©migrent en avril 1792, servent dans lâarmĂ©e des Princes avant dâĂȘtre admis lâannĂ©e suivante Ă la solde de lâarmĂ©e autrichienne. Les officiers savent trĂšs bien que la RĂ©publique les tient pour des Ă©migrĂ©s. Ceux qui sont pris sont fusillĂ©s sur-le-champ. Le beau hussard rejoint ensuite Londres et, de lĂ , lâĂźle de Jersey oĂč le marquis de Puisaye, proche du comte dâArtois, le frĂšre cadet de Louis XVI, qui mĂ©dite dĂ©jĂ un vaste projet de dĂ©barquement anglo-Ă©migrĂ© en Bretagne â celui qui Ă©chouera lamentablement Ă Quiberon â lâenvoie, se faire prendre par les garde-cĂŽtes de la RĂ©publique au pied des falaises dâErquy, prĂšs de Saint-Brieuc, en fĂ©vrier 1795. Louis, dĂ©barquĂ© du bateau anglais Le Phoenix avec trois autres officiers Ă©migrĂ©s, est pris sous le tir croisĂ© des douaniers. Je ne sais pas dans quelle geĂŽle on lâa laissĂ© croupir jusquâĂ sa mort en janvier 1796.
Parfois, lâĂ©ducation se mĂȘle Ă la mĂ©moire, jusquâĂ dessiner le portrait posthume du beau martyr perdu dans les brumes et les lĂ©gendes. De la mort de Louis, il me reste un vague souvenir dâenfant. Jâentends encore ma mĂšre me dire, alors que nous traversions le village du Pin, aux confins de la Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire, quâil avait Ă©tĂ© fusillĂ© lĂ par les rĂ©publicains, dans ce coin du bout du monde. On nây trouve Ă©videmment ni tombe, ni plaque, ni couronnes. Louis, lâhomme de la libertĂ© et de la fidĂ©litĂ©, de lâindĂ©pendance amĂ©ricaine et du roi de France, lâaventurier et la tĂȘte brĂ»lĂ©e. Les lĂ©gendes sont encombrĂ©es des ombres de lâoubli. Je ne savais pas encore Ă lâĂ©poque que le flamboyant Ă©tait aussi un flambeur, un joueur invĂ©tĂ©rĂ©. Ce nâest que beaucoup plus tard, en fouillant dans les archives, que jâapprendrai ses dettes fabuleuses au point quâun conseil de famille avait Ă©tĂ© jusquâĂ le frapper dâinterdiction, « afin, lit-on, de mettre un terme Ă quelques dissipations qui tiennent plutĂŽt Ă lâinexpĂ©rience de son Ăąge quâĂ son vĂ©ritable caractĂšre ». Comme ces choses-lĂ sont joliment dites et servent Ă cacher les faillites. La RĂ©volution achĂšvera le travail.
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François, dâun an plus jeune que Louis, est nĂ© en 1764. Câest le mieux connu et sans doute le plus « écrivain » des trois frĂšres. Celui que je prĂ©fĂšre. François aurait Ă©tĂ© aujourdâhui Ă la tĂȘte dâune organisation non gouvernementale, ou un militant des droits de lâhomme. Son amitiĂ© pour le poĂšte AndrĂ© ChĂ©nier, ses combats de presse et de plume pour une RĂ©volution tolĂ©rante et pacifiĂ©e, ont fait de lui une sorte de hĂ©raut des armĂ©es mortes, dont la voix parle et plaide comme en Ă©cho pour toutes les autres, en faveur des victimes dâhier et dâaujourdâhui sacrifiĂ©es sur lâautel de lâintolĂ©rance, de la vengeance et des luttes de factions. Son essai contre la dĂ©lation, pourtant Ă©rigĂ©e dĂšs les dĂ©buts de la RĂ©volution en vertu cardinale, a Ă©tĂ© rééditĂ© rĂ©cemment, et câest tant mieux. ChĂ©nier, guillotinĂ© quelques jours avant la chute de Robespierre, lui a dĂ©diĂ© une ode qui dit tout. En sâadressant directement Ă lui, il fait de son ami un frĂšre et un double en innocence :
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« De Pange, le mortel dont lâĂąme est innocente
Dont la vie est paisible et de crime exempte
Nâa pas besoin du fer qui veille autour des rois (âŠ)
De Pange, ami chĂ©ri, jeune homme heureux et sageâŠÂ »
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François est courageux, il est gĂ©nĂ©reux et il a Ă©tĂ© aimĂ©, beaucoup. Par Madame de StaĂ«l certainement, par sa cousine Anne-Louise de SĂ©rilly aussi, tout juste rĂ©chappĂ©e de la guillotine aprĂšs y avoir laissĂ© son mari et une partie de sa famille. Il lâĂ©pouse en janvier 1796 et meurt quelques mois plus tard dâĂ©puisement et de tuberculose. Madame de SĂ©rilly, la « pauvre grande » comme lâappelait sa cousine Pauline de Beaumont, maĂźtresse de Chateaubriand, aura eu avec François, dit encore son ami le moraliste Joseph Joubert, « le plus beau de tous les courages, le courage dâĂȘtre heureuse ». Il reste dâelle un buste sculptĂ© par Houdon dont lâoriginal en marbre conservĂ© Ă la Wallace Collection hante encore les lieux de son sourire Ă©nigmatique, fin et doux, comme un dĂ©fi lancĂ© au malheur des hommes.
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Et puis, il y a le troisiĂšme, celui qui survit Ă tout, celui dont je descends, puisquâon descend toujours des survivants. Le cadet, Jacques, nĂ© en 1770. Câest lui qui reconstitue la fortune familiale que les confiscations rĂ©volutionnaires avaient achevĂ© dâanĂ©antir. Jacques sâadapte, rentre trĂšs tĂŽt dâĂ©migration, traverse le Directoire en tapinois puis sert tous les rĂ©gimes. Il est chambellan sous NapolĂ©on, lieutenant-gĂ©nĂ©ral et gouverneur militaire sous Louis XVIII, Charles X et encore sous Louis-Philippe. En 1819, il est mĂȘme nommĂ© Ă la Chambre des pairs, le « Saint des saints » des Ă©lites françaises de lâĂ©poque. Mais Jacques vaut mieux que cela. Sa vie est un roman dont surnagent encore, par les souvenirs quâil en a laissĂ©, quelques chapitres, en particulier les pages inĂ©dites de ce quâil appelle modestement « Quelques dĂ©tails sur ma vie pendant les premiĂšres annĂ©es de la RĂ©volution ». On dirait les reflets changeants dâune existence si contrastĂ©e quâelle en donne le vertige. DĂ©guisĂ© en domestique et prenant lâidentitĂ© de son valet Joseph, il Ă©chappe en 1793 aux comitĂ©s de surveillance de la Terreur. Deux ans plus tard, il rentre en France par la frontiĂšre suisse Ă la barbe des douaniers français, grimĂ© cette fois en fermier, Ă la faveur dâun rĂ©seau de contrebande. Il est jetĂ© en prison Ă Pau, il se cache dans des hĂŽtels garnis Ă Paris, il change plusieurs fois dâidentitĂ©, devient M. Petit puis un autre, jusquâĂ ce que le tout-puissant ministre de la Police Joseph FouchĂ© consente en 1799 Ă lui accorder sa radiation de la liste des Ă©migrĂ©s. Sa vie nâa pas Ă©tĂ© moins dangereuse que celle de ses frĂšres. Il ne sâest pas contentĂ© de « vivre », comme le dira lâabbĂ© SieyĂšs aprĂšs la Terreur, mais comme il en rĂ©chappe, comme il meurt ĂągĂ©, riche et couvert dâhonneurs, il a longtemps Ă©tĂ© tenu en disgrĂące par ma mĂšre, par pudeur, peut-ĂȘtre aussi au nom du culte vouĂ© au sacrifice et au panache par cette gĂ©nĂ©ration de la guerre Ă laquelle elle appartenait.
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Mais peu importent les traces et les rĂ©putations. Jâai aimĂ© et jâaime encore les frĂšres Pange parce quâils rĂ©unissent Ă eux trois toutes les variĂ©tĂ©s de la nature humaine : le courage et la prudence, les compromissions, lâaventure, les rĂȘves et le service. Ne serait-ce que pour cela, je me sens leur descendant et leur hĂ©ritier. Ils sont pour moi comme des ombres animĂ©es et multiples, toujours ponctuelles aux « rendez-vous secrets » que jâentretiens avec le passĂ©.
PORTRAITS DE FAMILLE
CâĂ©tait il y a presque cinquante ans. Jâavais Ă peu prĂšs dix ans et jâĂ©coutais dans un demi-sommeil les histoires extraordinaires que me racontait lâune de mes tantes, le soir avant de me coucher. Il y avait de tout dans ces histoires dont jâai su beaucoup plus tard, Ă ma grande stupĂ©faction, quâelles Ă©taient inventĂ©es. Je me souviens dâune, entre toutes, qui mâavait enchantĂ©. Il y Ă©tait question dâamours secrĂštes et contrariĂ©es, dâamants sĂ©parĂ©s, de lettres et dâattente. Au cĆur de cette confusion surnage dans ma mĂ©moire un objet, attirant, scintillant, mystĂ©rieux, le portrait en miniature de lâĂȘtre aimĂ© â Ă©tait-ce celui de la femme ou de lâhomme ? â placĂ© dans une cachette, longtemps cherchĂ© et miraculeusement retrouvĂ©. Il mâen est restĂ© quelque chose.
Des images lointaines, des visages dâancĂȘtres disparus sagement couchĂ©s sur le papier ou sur lâivoire, emprisonnĂ©s dans leurs cadres dâĂ©bĂšne ou de noyer, habitent mes souvenirs dâenfance comme elles ornaient les murs des maisons que je frĂ©quentais alors, en guirlandes retenues par des cordons de soie, en grappes ou enchĂąssĂ©es dans des boĂźtes prĂ©cieuses relĂ©guĂ©es dans la poussiĂšre dâune vitrine. « Aube Ă©phĂ©mĂšre des reflets ». Lâenfant du poĂšme dâAndrĂ© Breton souffle toujours les bulles du vase en cristal de BohĂȘme qui sont aussi celles de nos souvenirs. Il me ressemble. Il nous ressembleâŠ
Lâune de ces maisons, dans la rĂ©gion parisienne, appartenait Ă ma grand-mĂšre maternelle. Blottie au fond dâun parc Ă demi abandonnĂ©, reflĂ©tĂ©e par les eaux dâun grand bassin qui lâordonnait, elle porte un nom de roman qui fait un peu rĂȘver : le « Pavillon Choiseul ». Mes parents mây conduisaient tous les ans Ă NoĂ«l. Jây restais habituellement quelques jours et, chaperonnĂ© par ma grand-mĂšre, jâapprenais les noms, je retenais les visages de ceux qui firent lâhistoire de ma famille, comme si jâĂ©tais soudain admis dans une trĂšs ancienne sociĂ©tĂ© murĂ©e dans ses codes et ses silences, une sorte de sociĂ©tĂ© secrĂšte dont lâunique objet aurait Ă©tĂ© de conspirer contre le temps qui passe : les Choiseul, les Caraman, les Cagnola, les Marescalchi, les SĂ©bastiani, dispersĂ©s un peu partout dans la maison, dans le salon, la salle Ă manger, les chambres et les couloirs. CâĂ©tait une sorte de cours de gĂ©nĂ©alogie vivante dĂ©guisĂ©e en chasse au trĂ©sor, la quĂȘte dâun passĂ© enfoui et immobile.
Il me fallut des annĂ©es pour me rendre compte que je faisais lĂ , avec ma grand-mĂšre, courant dâune piĂšce Ă lâautre, lâexpĂ©rience de la fragilitĂ© des ĂȘtres et des choses, celle des souvenirs et de lâoubli. Le goĂ»t de lâhistoire mâest peut-ĂȘtre venu de ces sortes de moments, de cet apprentissage du temps dans lâintimitĂ© discrĂšte des histoires de famille.
Lâune de ces miniatures, qui mâappartient aujourdâhui, est mĂȘme indirectement Ă lâorigine de lâun ...
Table des matiĂšres
- Couverture
- Présentation
- Copyright
- Titre
- Du mĂȘme auteur
- Avant-propos
- Une vocation
- Leçon dâamour dans un jardin
- Un dĂ©jeuner Ă lâĂlysĂ©e
- Les voix du passé
- Nos amis les Anglais
- Ătes-vous dĂ©connecté ?
- Mort aux riches
- Lectures
- Enseigner lâhistoire Ă nos enfants
- Lâhistorien voyageur
- Mes chaussures
- Lâaffaire Geremek, la mĂ©moire et la politique
- La lettre et le clavier
- Réconciliation nationale
- Vacances françaises
- Retournements de veste
- Incertitudes
- Lâhistorien et le futur
- Dans un nuage de fumée
- Argent noir
- « Panem et circenses »
- Les français et le roi
- Du cÎté de ma mÚre
- Portraits de famille
- Automne
- Affaires criminelles
- La mort de Jean dâOrmesson
- De la Terreur
- Un ministĂšre de la morale
- La mémoire, les turcs et moi
- Parlez-vous le franglais ?
- Les chiens de ma femme
- Nos ancĂȘtres les Gaulois
- Quand les vaches se mettent Ă parler
- Sexe, pouvoir et politique
- Souvenirs de guerre
- Mon oncle de Russie
- Un balcon pour lâhistoire
- Retour Ă Venise
- Remerciements
- Achevé
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