Chapitre 1
1971-1975. Saint-Pierre-des-Corps
La Clarté Républicaine
CâĂ©tait le nom quâavaient donnĂ© les rĂ©volutionnaires Ă Saint-Pierre-des-Corps en 1794. Toutes les villes ou presque commençant par « ChĂąteau » ou « Saint » avaient Ă©tĂ© rebaptisĂ©es. Saint-Denis Ă©tait devenue Franciade ; Saint-Ouen, Bains-sur-Seine ; Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, Libreval ; ChĂąteauroux, Indrelibre. Le petit village de Saint-Bohaire dans le Loir-et-Cher, oĂč mon beau-frĂšre Ă©tait instituteur-secrĂ©taire de mairie, sâĂ©tait vu attribuer le nom, certes moins lyrique, de « Bien-BoĂšre » (puis Bienboire), mais correspondant sans doute mieux Ă lâidĂ©al rĂ©volutionnaire de ses habitants.
« La ClartĂ© RĂ©publicaine » pour Saint-Pierre-des-Corps en disait dĂ©jĂ long sur la personnalitĂ© de cette ville. Ville cheminote de 17 000 habitants, Saint-Pierre-des-Corps revendiquait avec quelques villes de la ceinture rouge de Paris sa municipalitĂ© communiste depuis 1920, câest-Ă -dire depuis la crĂ©ation du Parti communiste et, avec la seule ville de Bagnolet, son vote nĂ©gatif au rĂ©fĂ©rendum gaulliste de 1958.
Ă la diffĂ©rence de la banlieue rouge de Paris, Saint-Pierre Ă©tait le bastion assiĂ©gĂ© et diabolisĂ© par les quartiers bourgeois de Tours et de Saint-Cyr. Il fallait faire plus de cent kilomĂštres pour trouver les « villes sĆurs » les plus proches : Vierzon et les Aubrais, autres grandes gares de triage, dâailleurs. Je me souviens de la visite que nous rendit un jour, au service municipal de lâurbanisme et de lâinformation, une jeune AmĂ©ricaine, fille au pair dans une famille de Saint-Cyr-sur-Loire. ĂclairĂ©e, ou bien en quĂȘte dâĂ©motions fortes, elle Ă©tait fiĂšre de nous dire quâelle avait bravĂ© lâinterdit familial en venant visiter cette ville quâon lui avait prĂ©sentĂ©e comme une citĂ© de sauvages et de dĂ©trousseurs oĂč une jeune fille seule ne devait surtout pas sâaventurer.
Saint-Pierre entretenait quelques relations privilĂ©giĂ©es avec les Ă©tudiants communistes de Tours. Elle leur prĂȘtait main-forte, avec quelques dĂ©tachements de ce quâon appelait la facultĂ© de plomberie, pour leur permettre de reprendre pied physiquement dans les facs ou les restaurants universitaires lorsque les gauchistes leur en interdisaient lâaccĂšs. Elle attribuait des logements Ă des Ă©tudiants en fin dâĂ©tudes et leur proposait parfois du travail. Câest ainsi que je devins en 1971, ma licence de droit public en poche, corpopĂ©trussien{3} et employĂ© municipal, par lâentremise de Jacques Gozard.
Jacques Gozard
Militant de lâUnef en 68, jâentretenais dĂ©jĂ quelques sympathies pour les communistes. Jacques Gozard Ă©tait alors le secrĂ©taire de ville de lâUnion des Ă©tudiants communistes (UEC). Il nous apparaissait comme un dirigeant rĂ©volutionnaire mythique qui siĂ©geait au bureau national de lâUEC Ă Paris.
La premiĂšre fois que je le vis, câĂ©tait un soir de Mai 68, dans le grand amphi de la facultĂ© de la GrandiĂšre Ă Tours, bouillonnant de gauchistes de tout poil ayant comme principale prĂ©occupation de faire la peau aux staliniens pour les trotskistes, aux rĂ©visionnistes pour les prochinois, en tout cas aux communistes.
Mon camarade Jean-Michel Chapet avait tentĂ© de prendre la parole. Il nâavait prononcĂ© quâune seule phrase avec un brin de suffisance, qui avait fait hurler de rire et de sarcasme la salle entiĂšre : « Pour moi, vous savez, la politique, ça nâa pas de secret. » Sâensuivit une « Marseillaise » railleuse que les « gauchos » aimaient associer au pseudo-nationalisme des « cocos ». La confusion Ă©tait Ă son comble et la bousculade aussi. Alors une voix sâĂ©leva du haut de lâamphi, calme, solennelle, pour dire quâon ne pouvait pas plaisanter avec ce qui fut lâhymne des rĂ©volutionnaires français, pas plus quâavec le drapeau tricolore, quand on se prĂ©sentait soi-mĂȘme comme rĂ©volutionnaire ; assĂ©nant une leçon dâhistoire Ă une salle redevenue Ă©tonnamment silencieuse. Le discours Ă©manait dâun jeune homme Ă©lĂ©gant venu soudain dâailleurs. « Qui câest, tu connais ? » demandai-je Ă mon voisin Michel Perrot. « Câest Jacques Gozard », me rĂ©pondit-il. Jacques entretenait cette image de grand leader charismatique et secret qui nâĂ©tait pas sans effets sur les jeunes militants que nous Ă©tions.
De lâUnef Renouveau, la tendance communiste du syndicat Ă©tudiant en 1968, Ă lâUEC, il nây avait quâun pas. Je le franchis assez vite, et fus amenĂ© Ă cĂŽtoyer le chef, qui me promut au bureau, puis au secrĂ©tariat de ville de lâUEC Tours. Ce fut la pĂ©riode des innombrables et interminables rĂ©unions au 35 de la rue Bretonneau oĂč la fĂ©dĂ©ration du PCF nous hĂ©bergeait. Nous nous rĂ©unissions dans la salle du comitĂ© fĂ©dĂ©ral sous les portraits gĂ©ants rĂ©alisĂ©s par un camarade artiste peintre se rĂ©clamant de lâhyperrĂ©alisme socialiste : Marx, Engels, LĂ©nine, Thorez. Un jour, stupeur, Marx avait disparu. Il fut retrouvĂ© plusieurs mois plus tard, par hasard, par un dirigeant de la fĂ©dĂ©ration, la barbe ripolinĂ©e de toutes les couleurs, dans les toilettes de lâappartement du numĂ©ro deux de lâUEC. Le sacrilĂšge avait Ă©tĂ© commis avec la complicitĂ© Ă©vidente de Jacques Gozard. Le jeune militant idĂ©aliste que jâĂ©tais eut du mal Ă percevoir le sens de ce geste. Je compris un peu plus tard quâil ne sâagissait pas que dâune simple blague de potache, mais aussi dâun acte politique visant Ă dĂ©noncer tout Ă la fois le dogme et le culte de la personnalitĂ©. CâĂ©tait finalement la toute premiĂšre et prĂ©coce manifestation de nos dissidences qui nous conduirait quinze ou vingt ans plus tard, et aprĂšs bien dâautres et plus sĂ©rieuses contestations, Ă quitter Ă peu prĂšs tous le parti.
Jacques Gozard donc, et lâUEC Tours, mais quel rapport avec Saint-Pierre-des-Corps et mon parcours de secrĂ©taire de mairie ? Eh bien tout simplement parce que, aprĂšs ces trois annĂ©es de complicitĂ© militante, il me proposa un jour de lâĂ©tĂ© 1971 de venir travailler avec lui au service municipal dâurbanisme, que le maire Jacques Vigier lui avait demandĂ© de crĂ©er. Je travaillerai Ă mi-temps, parallĂšlement Ă un troisiĂšme cycle de droit administratif Ă Poitiers. Ce faisant, le « service urba » voyait ses effectifs croĂźtre de 50 % avec mon arrivĂ©e, puisque nous Ă©tions dĂ©sormais un et demi.
Jacques Vigier
CrĂ©er un service dâurbanisme dans une ville de 17 000 habitants, en 1971, Ă©tait quelque peu avant-gardiste. La planification urbaine tout comme lâinstruction et la dĂ©livrance des permis de construire Ă©tait lâapanage des services de lâĂtat, pour le compte des communes. Cette volontĂ© de maĂźtriser le dĂ©veloppement de la ville en la dotant de ses propres experts, nous le devions Ă la clairvoyance de Jacques Vigier.
Jacques Vigier Ă©tait le maire de Saint-Pierre-des-Corps depuis mars 1971. Ouvrier serrurier, il avait succĂ©dĂ© au cheminot Jean Bonin, dont il avait Ă©tĂ© lâadjoint, notamment Ă lâurbanisme. Il avait forgĂ© son autoritĂ© et sa notoriĂ©tĂ© dans lâaction contre la guerre dâAlgĂ©rie. En 1956, sâopposant au dĂ©part de jeunes soldats en gare de Tours, il avait attachĂ© symboliquement un officier Ă un poteau. Cela lui valut neuf mois dâemprisonnement au fort du HĂą Ă Bordeaux.
CâĂ©tait un homme aussi entier et dĂ©terminĂ© que sensible, chaleureux et gĂ©nĂ©reux. Une telle personnalitĂ© conjuguĂ©e avec ses responsabilitĂ©s de maire lâavait conduit assez naturellement Ă ĂȘtre en indĂ©licatesse avec lâappareil du parti. Les relations Ă©taient plus que tendues avec le conseiller gĂ©nĂ©ral du canton qui Ă©tait aussi le secrĂ©taire fĂ©dĂ©ral, membre du comitĂ© central du PCF. Aussi, lors de son dĂ©part Ă la retraite, câest Ă Jacques Vigier que le parti demanda, dans ce qui Ă©tait encore la bonne tradition stalinienne, de faire son Ă©loge devant la confĂ©rence fĂ©dĂ©rale. Jacques Vigier estima ne pas pouvoir refuser. En rĂ©ponse Ă mon Ă©tonnement, il me dit : « Tu Ă©couteras bien, il nây aura rien dans mon discours que je ne pense pas. » Effectivement, toutes les phrases Ă©taient Ă double sens, et leur sens dĂ©pendait de la maniĂšre dont on les entendait. Ce fut un exercice de style Ă©tonnant qui illustrait tout Ă la fois le talent littĂ©raire et lâesprit frondeur et malicieux de Jacques Vigier.
Homme de grande culture, il Ă©tait passionnĂ© par lâurbanisme et lâarchitecture. Il aimait sâentourer dâintellectuels, ce qui nâĂ©tait pas forcĂ©ment bien vu dans ce bastion ouvrier. Câest dans cet esprit quâĂ peine Ă©lu maire en 1971, il avait dĂ©cidĂ© de crĂ©er un service municipal dâĂ©tudes et dâurbanisme ; et quâil avait fait appel Ă Jacques Gozard qui, pour ce faire, prĂ©sentait au moins deux qualitĂ©s, celles de gĂ©ographe et de responsable des Ă©tudiants communistes. Et comme pour faire un service, il fallait ĂȘtre au moins deux, Jacques mâavait proposĂ© de le rejoindre.
Jacques Vigier se chargea de notre formation. Il nous associait Ă de nombreuses rĂ©unions, partageait avec nous bon nombre de ses rĂȘves, de ses projets et de ses interrogations. Il aimait Ă©changer avec nous, notamment le matin Ă huit heures, au CafĂ© de la Mairie, devant un verre de Bourgueil, ou le soir, Ă la Maison de la Jeunesse oĂč se retrouvaient les vieux militants, avec cette fois un verre de Montlouis.
Montlouis, câest lĂ quâĂ©tait la cave municipale. Comme Saint-Pierre Ă©tait dans la Varenne, entre Cher et Loire, il ne pouvait y avoir de cave sur son territoire. La ville en avait donc achetĂ© une situĂ©e dans les coteaux de tuffeau les plus proches, Ă Montlouis, vignoble populaire face Ă lâaristocratique Vouvray. Deux conseillers municipaux, Pierrot et Jeannot, Ă©taient officiellement dĂ©lĂ©guĂ©s pour gĂ©rer la cave, choisir les vins, en cuve, de Chinon, Bourgueil et Montlouis, les Ă©lever, les mettre en bouteille, les conserver, les goĂ»ter. Ils Ă©taient aussi sĂ©rieux que consciencieux. La cave Ă©tait exceptionnelle. Je crois que lâun et lâautre sont morts en service. La cave Ă©tait rĂ©servĂ©e aux grandes occasions : une affaire dĂ©licate Ă conclure ou un Ă©vĂ©nement exceptionnel. Insigne honneur, un dĂźner pour mon dĂ©part en 1975 y fut organisĂ©.
Jacques Vigier aimait aussi la nature, les choses simples. Il avait achetĂ© avec sa femme NĂ©nette, militante de toutes les bonnes causes, notamment fĂ©ministes, une vieille masure dans la campagne tourangelle. LâintĂ©rieur Ă©voquait un tableau des frĂšres Le Nain, peinture quâil affectionnait particuliĂšrement. Il la dĂ©corait de fleurs quâil allait cueillir dans les champs. Nous y avons tenu quelques commissions dâurbanisme, lâĂ©tĂ© sous le hangar, quâil animait en faisant griller les andouillettes.
CâĂ©tait un homme de conviction et de valeurs. Il mâa transmis ce qui Ă©tait nĂ©cessaire pour aborder et aimer le mĂ©tier.
Le service municipal dâurbanisme, des Ă©tudes gĂ©nĂ©rales et de lâinformation
Câest le nom officiel que prit le service lorsquâil fallut argumenter la crĂ©ation dâun emploi spĂ©cifique{4} pour me permettre de devenir titulaire de mon poste le 1er janvier 1973 lorsque je fus amenĂ© Ă remplacer Jacques Gozard{5} comme directeur du service.
Ce nom compliqué traduisait une évolution qui avait été réelle et rapide.
LâactivitĂ© centrale et fondatrice du service fut sans conteste, pendant cette pĂ©riode, lâĂ©laboration du plan dâoccupation des sols (POS). La loi dâorientation fonciĂšre et urbaine du 30 dĂ©cembre 1967 avait instituĂ© de nouveaux documents de planification urbaine. Les anciens plans dâurbanisme, Ă©laborĂ©s par lâĂtat, Ă©taient remplacĂ©s par les POS. LâĂ©volution la plus marquante, prĂ©figurant le timide mouvement de dĂ©centralisation en gestation, rĂ©sidait dans le fait que ceux-ci, dĂ©sormais, faisaient lâobjet dâune Ă©laboration conjointe entre lâĂtat et la commune{6}. Câest pour prendre la main dans cette Ă©laboration conjointe que Jacques Vigier avait dĂ©cidĂ© de doter la ville dâun service dâurbanisme.
Et la main, nous lâavons bien prise. Le travail de lâĂ©quipe composĂ©e dâun gĂ©ographe, dâun juriste et dâune sociologue, Françoise Bourdarias{7}, aidĂ©e par un architecte parisien communiste, Raymond SĂ©nevat, fit que Saint-Pierre-des-Corps apparut vite comme pionniĂšre en Ă©laborant seule son plan dâoccupation des sols. Tout commença par un Ă©tat prĂ©cis des lieux, parcelle par parcelle, construction par construction, qui nous amena Ă parcourir toutes les rues de la ville. Cela fut complĂ©tĂ© par des Ă©tudes dĂ©mographiques dĂ©coulant du recensement gĂ©nĂ©ral de la population placĂ© sous la responsabilitĂ© du service. La fonction « Ă©tudes gĂ©nĂ©rales » Ă©tait clairement Ă©tablie. Le schĂ©ma stratĂ©gique dâamĂ©nagement de la ville en dĂ©coula, puis en application des textes, les diffĂ©rentes composantes du POS : document de prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale, zonage, rĂšglement, coefficients dâoccupation des sols, emplacements rĂ©servĂ©s pour les Ă©quipements publics. Câest ainsi quâun jour, nous proposĂąmes une rĂ©serve fonciĂšre pour la rĂ©alisation future dâun nouvel axe routier reliant le centre-ville Ă Tours. Nous le baptisĂąmes avec malice du nom du maire honoraire, Jean Bonin, toujours bien vivant et membre de la commission dâurbanisme. Si Jacques Vigier approuva le projet de voirie, il ne goĂ»ta guĂšre notre humour iconoclaste et nous enjoignit de ne pas le renouveler. Le boulevard fut bien rĂ©alisĂ© dix ans plus tard, et il porte le nom de Jean Bonin.
Si chaque orientation, chaque Ă©tape Ă©taient validĂ©es par la commission municipale dâurbanisme, nous nâavons jamais ressenti la nĂ©cessitĂ© de travailler avec les services de lâĂtat. Lâobjectif de Jacques Vigier Ă©tait atteint : nous avions sautĂ© la case Ă©laboration conjointe pour directement passer Ă celle de lâĂ©laboration dĂ©centralisĂ©e.
La fonction information vint se greffer sur nos activitĂ©s de base par opportunitĂ©, mĂȘme si nous avons bien essayĂ© dâexpliquer que câest lâamĂ©nagement de la ville qui nĂ©cessitait le plus dâinformations. Câest en rĂ©alitĂ© la proximitĂ© de lâĂ©quipe avec le maire qui fut Ă lâorigine de cette nouvelle attribution. Lâessentiel du travail consistait Ă assurer la publication du bulletin municipal, La ClartĂ© rĂ©publicaine. Entreprise artisanale sâil en fut, puisque nous faisions tout Ă lâexception de lâimpression : sommaire, rĂ©daction des articles, photos avec un vieux Rolleyflex, maquette. On attendait avant de mettre sous presse lâĂ©dito du maire rĂ©digĂ© minutieusement par ses soins.
Câest ce savoir-faire artisanal qui nous conduisit Ă concevoir et rĂ©aliser nous-mĂȘmes lâexposition dâurbanisme pour la prĂ©sentation du plan dâoccupation des sols avant son approbation. Une trentaine de panneaux disposĂ©s dans le hall, lâescalier et la salle des mariages de la mairie prĂ©sentaient « Saint-Pierre hier, aujourdâhui, demain ». Un montage audiovisuel bricolĂ© dans un tunnel en contreplaquĂ© de quatre mĂštres de long, avec un projecteur diapos Ă un bout, et du papier-calque faisant office dâĂ©cran, tendu Ă lâautre bout, constituait le clou de lâexpo. Ce nâest que tard dans la nuit qui prĂ©cĂ©dait le jour de lâinauguration que nous avons trouvĂ©, mon ami Michel Cibot{8} et moi, le procĂ©dĂ© technique pour « toper » la bande-son afin de synchroniser les images avec des commentaires et la musique du film de Charlie Chaplin Les LumiĂšres de la ville. Le maire Jacques Vigier veillait et attendait anxieux dans son bureau. DĂšs que lui parvint la nouvelle de la prouesse technique, il accourut avec une bouteille de Chinon.
Il me fut offert de vivre un autre grand moment de journaliste localier : lâarrivĂ©e de la vieille locomotive Ă vapeur... offerte par la SNCF Ă la commune et qui devait prendre place dans un square de la ville. Le procĂ©dĂ© le plus efficace pour la transporter du rĂ©seau ferrĂ© Ă sa derniĂšre demeure fut dâinstaller plusieurs centaines de mĂštres de rails sur la route et dans le square. LâopĂ©ration nâavait pas Ă©tĂ© mĂ©diatisĂ©e, mais je dĂ©cidai, mon Rolley sur le ventre, dâaller faire quelques photos pour le bulletin municipal. Lorsque jâarrivai sur place, quelle ne fut pas ma surprise de constater que plusieurs centaines de personnes Ă©taient lĂ pour assister Ă lâĂ©vĂ©nement. Le tĂ©lĂ©phone cheminot avait marchĂ©. Je rĂ©ussis Ă retarder quelque peu la manĆuvre, juste le temps de prĂ©venir Jacques Vigier, qui put faire une entrĂ©e triomphale dans sa ville aux commandes de la locomotive. Je fis de belles photos.
La commission municipa...