Partie I
CONCEVOIR LE TABLEAU DE BORD EN 5 ÉTAPES
Un tableau de bord ne se construit pas sans méthode ni quelques outils. Cette première partie détaille les 5 étapes incontournables pour tous les projets et présente les 15 outils à connaître pour mener à son terme cette entreprise. La méthode et les outils présentés ici sont tout à fait adaptés, quelles que soient l’envergure et la portée du projet envisagé.
Étape 1
Sélectionner les axes de progrès
Étape
« Lorsque de plus en plus de monde lorgne votre business, il est vital de donner aux clients une solide raison de se fournir chez vous. Dans le cas contraire, vos prix ont intérêt à être plus que concurrentiels… »
Définir les axes d’action stratégiques est la phase préalable à toute démarche de progrès. Chaque entreprise, quels que soient sa taille ou son domaine d’activité, est unique. Elle seule est à même de définir les axes d’action de progrès les plus optimaux en fonction de son marché, de ses capacités matérielles et de ses propres atouts. Au cours de cette étape, nous étudierons cinq outils pour faciliter le choix des axes de progrès.
Objectif de l’étape
Il s’agira, dans une première étape, de définir les axes de progrès les plus profitables en tenant compte des spécificités de l’entreprise et de son marché ainsi que des moyens disponibles.
La stratégie ou l’art et la manière d’affirmer sa différence
La stratégie, un art encore trop élitiste
L’art de la stratégie est encore trop élitiste pour séduire massivement les dirigeants de PME. Les plans d’action habituellement élaborés, bien qu’intrinsèquement opérationnels, font trop facilement appel à une terminologie pour le moins absconse.
La complexité de la démarche proposée reste trop abstraite pour motiver ces éternels pragmatiques que sont les patrons de PME. Ne retrouvant en nul point leurs préoccupations concrètes de terrain, bon nombre d’entre eux préfèrent persister à croire en leur bonne étoile en cultivant le mythe de l’intuition salvatrice et, dans le meilleur des cas, en se reposant sur leur bon sens naturel. Mais lorsque la bonne étoile s’est inscrite aux abonnés absents, il ne reste plus qu’à faire preuve de fatalisme pour justifier l’immobilisme !
Pourtant, dans un monde où le nombre d’entreprises disposant encore d’une rente de situation et de clients captifs se réduit comme une peau de chagrin, il n’est d’autre solution que d’aller de l’avant dans une dynamique de développement continu.
Il faut pourtant choisir une direction de développement
Comme le dit à peu près en ces termes Mark Burton1 : « Lorsque de plus en plus de monde lorgne votre business, il est vital de donner aux clients une solide raison de se fournir chez vous. Dans le cas contraire, vos prix ont intérêt à être plus que concurrentiels… » Si ce n’est un résumé, c’est en tout cas, en quelques mots, une bonne introduction à l’art de la stratégie.
Il n’existe, en effet, pas d’autre règle de survie que le choix de l’une de ces deux voies. Soit l’entreprise opte pour la voie des prix bas et laisse alors l’exclusivité de la parole aux cost-killers2, soit elle choisit d’être différente pour attirer et conserver ses clients. Cette recherche de la différence s’exprime autant au niveau de la pertinence des produits que des services les accompagnant. Mais attention, la différenciation ne s’accompagne pas d’une envolée des coûts ! Si la qualité se paie, le moins cher sera le mieux. On ne coupera pas à une rationalisation optimale des processus. Par les temps qui courent, les cost-killers ont en effet un avenir certain.
Toute entreprise, quels que soient sa taille, son domaine d’activité ou son marché, est tenue de choisir une direction de développement. C’est seulement en adoptant une démarche d’amélioration continue de la chaîne de création de valeurs, fondée sur la quête d’avantages concurrentiels, que l’entreprise ou le service pourra espérer s’assurer une profitabilité durable. Dans le contexte actuel, il n’existe pas d’autre solution que le progrès continu pour se démarquer de la concurrence.
Pour Michael Porter, toute l’essence de la stratégie réside dans le choix délibéré d’accomplir ses activités différemment de ses concurrents.
Mais pour ne pas dépenser inutilement son énergie et son argent, il est plus que recommandé de sélectionner avec soin les axes d’action les plus opportuns dans une réflexion concrète de mise en valeur des ressources et d’évaluation du retour sur investissement.
Les principaux outils
Toute réflexion stratégique passe par une identification précise de l’entreprise dans son contexte. Pour détecter les voies de progrès, il est essentiel de passer par cette phase préalable et d’apporter des réponses circonstanciées à certaines questions (voir le tableau suivant).
Tableau 3. Les 5 outils pour sélectionner les axes de progrès
| Outil n° 1 | D’où proviennent les gains de l’entreprise ? | Qui sont les clients les plus rentables ? Quels produits achètent-ils ? Quels sont les clients qui méritent une attention accrue pour les conserver et augmenter le CA généré ? |
| Outil n° 2 | Comment l’entreprise se posit... |