PARTIE 1
FAITES LE POINT SUR VOTRE SITUATION ACTUELLE
CHAPITRE 1
Enclenchez le bouton « pause »
« Prendre du recul sur soi, ça fait avancer. »
SERGE RIABOUKINE (acteur français)
Dans un monde qui avance à mille à l’heure, il n’est pas toujours facile de prendre du recul sur soi. Combien de temps vous êtes-vous accordé ces dernières semaines, pour faire un vrai point avec vous-même sur votre situation ?
Et pourtant, récemment, vous avez peut-être senti naître en vous des pointes de frustration, de gêne, des traces imperceptibles d’incohérence, un manque d’alignement entre ce que vous êtes et ce que vous faites. Sensations discrètes, mais présentes. Planquées dans un coin de votre tête, nouant votre ventre ou gonflant incidemment votre poitrine. Le corps exprime souvent pour nous ce que l’esprit ne conceptualise pas encore. Vous avez été bien inspiré d’écouter ces petits signes. Vous savez pourquoi ? Car perspicaces, ils flairent ce que vous vous obstinez à ne pas voir.
METTEZ-VOUS À L’ÉCOUTE DE VOTRE « PETITE VOIX INTÉRIEURE »
C’est votre intuition qui vous parle, qui vous chatouille, là où vous n’avez pas envie qu’elle vienne mettre les pieds. Et pourtant, elle est là pour votre bien. Pour vous signaler que certaines parties de vous ne sont pas entièrement satisfaites par votre situation telle qu’elle est aujourd’hui. Peut-être parce qu’elle ne colle pas à votre personnalité ? Parce qu’elle va à l’encontre de vos valeurs ? Pour mille raisons possibles et valables.
Si vous lisez ces lignes, c’est que vous avez su écouter votre intuition et je vous en félicite. Trop de personnes font taire leur petite voix intérieure et réalisent sur le tard qu’elles sont passées à côté de ce qui était essentiel pour elles.
Identifiez et décodez les signaux faibles
À mon sens, chacun de nous porte un regard assez lucide sur sa propre situation. Mais nous sommes humains, et parfois assez résistants au changement. Alors on met plus ou moins de couches par-dessus nos sentiments, pour détourner notre attention et se convaincre d’autre chose. Et on déploie des moyens prodigieux pour se persuader des avantages d’une situation qui ne nous convient pas. Vous avez remarqué ?
Dans mon ancienne vie professionnelle, lorsque je travaillais dans le prêt-à-porter, je me souviens avoir à un moment donné commencé à remplir mon temps libre de façon frénétique. Évidemment, à l’époque ce processus était totalement inconscient de ma part. Je pensais sincèrement qu’attendre impatiemment le week-end et s’emmerder toute la semaine dans son job était un processus commun à toute personne normalement constituée. Depuis j’ai testé et approuvé l’adage de ce bon vieux Confucius : « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. » Surinvestir ma vie personnelle était ma façon à moi de compenser une vie professionnelle qui ne me rendait pas heureuse. Chacun a sa propre politique de l’autruche !
Après avoir quitté ce poste, je me suis lancée avec une amie dans la création d’une marque de maroquinerie. En surface, tout allait bien et j’affichais un statut de néo-entrepreneuse assumée. Mais dans le fond, je sentais que quelque chose clochait, et que ce projet n’était pas fait pour moi. Pourtant, je persistais, j’essayais de me persuader, ce qui avait pour unique conséquence de faire doubler de taille la boule d’inquiétude que je portais en moi. Lors de nos rendez-vous avec des fournisseurs et clients potentiels, je n’étais pas convaincue, je n’étais pas dedans. Juste avant l’été, nous avons reçu les prototypes de nos produits, de jolis sacs à main chics et pratiques. J’ai compris qu’il y avait un souci quand je suis partie en vacances au mois d’août avec famille et amis, et qu’à aucun moment je n’ai eu envie de leur montrer nos merveilles. En rentrant, j’ai expliqué à mon associée que je ne me sentais pas à ma place dans ce projet, et elle s’est montrée très compréhensive. J’ai quitté le navire avec la ferme intention de me recentrer sur ce que je voulais vraiment faire de ma vie. Et vous n’imaginez pas à quel point j’ai été soulagée.
Carl Jung disait : « Ce qu’on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l’extérieur comme un destin. » C’est ce que j’appelle les « signaux faibles » : des indices, des coïncidences, des synchronicités, des hasards qui s’avèrent avoir du sens, être porteurs d’un message. Anodins lorsqu’ils sont considérés indépendamment les uns des autres, ils se transforment en évidence quand ils sont mis bout à bout. Les signaux faibles sont différents pour chacun. Mais quelle que soit leur nature, vous pouvez faire confiance à votre bonne étoile pour les poser sur votre chemin !
Écouter les signaux faibles, c’est donc apprendre à lire les événements du quotidien avec un certain recul. C’est s’attacher aux détails en apparence anodins que la vie laisse sur notre passage et trouver la force de les écouter et de les décoder. C’est admettre que les obstacles rencontrés sont peut-être là pour notre bien et s’intéresser à ce qu’on ne comprend pas (ou que l’on n’a pas envie de comprendre). En bref : quand quelque chose vous picote, vous enquiquine, penchez-vous dessus, il s’agit probablement d’un indice !
Malgré tous nos efforts pour les éviter, ces signaux persistent, jusqu’à ce que l’on se rende à l’évidence. « Allô centre de contrôle, est-ce que vous me recevez ? Vous n’allez pas du tout dans la bonne direction ! »
Et comme la vie n’aime pas que l’on tourne en rond, elle s’accroche, elle s’agrippe, elle insiste. Surtout quand on l’ignore consciencieusement. Afin d’attirer l’attention de son destinataire, elle envoie alors les signaux par un autre canal : le corps. En espérant secrètement que ces signaux-là permettent enfin à son propriétaire de sortir du « déni de soi ». Qu’ils l’incitent à écouter sa petite voix intérieure et à se mettre une fois pour toutes au « service de soi ». Ces messages-là sont garantis avec accusé de réception ouille ouille ouille. Car oui, peut-être est-ce un concept totalement nouveau pour vous, mais sachez que les bobos du corps sont liés aux bobos de l’esprit.
Prenez conscience que votre corps a un langage, lui aussi
Eh oui, on ne va pas se mentir, la boule au ventre du dimanche soir et la gorge serrée sur le chemin de l’école n’ont pas été créées par hasard ou pour emmerder le monde. Elles nous renseignent sur notre ressenti psychologique. Notre corps est un formidable allié, car quelle que soit la méthode, il nous ramène toujours vers des vérités enfouies auxquelles on n’ose pas forcément faire face. Et dans le contexte professionnel, on est parfois capables de sacrées prouesses et pirouettes pour éviter d’aller sonder les profondeurs de nos âmes.
En médecine orientale, les pathologies de notre enveloppe corporelle sont perçues comme des obstacles à la réalisation de notre plein épanouissement. Autrement dit, cela signifie que la maladie est un moyen de progression vers soi-même, et qu’il est essentiel de comprendre sa signification pour se remettre dans la voie qui nous convient. Nos symptômes sont donc comme des mini-gyrophares voués à nous alerter d’un danger imminent : « Coco, qu’est-ce que tu fiches ? Je t’ai déjà dit que ce n’était pas par là ! Prends la bretelle de sortie et fissa ! Signé : corporellement vôtre. » Toutes vos manifestations physiologiques ont un sens, il faut simplement apprendre à le déchiffrer. Vous ne verrez plus jamais vos fièvres, maux de gorge, kystes, lumbagos, m...