CLEF N° 1
Prendre sa vie en main
« Si tu cherches la vérité en dehors de toi,
elle s’éloignera de plus en plus. »
Je suis fondamentalement persuadée que nous avons une part de responsabilité bien plus importante que ce que nous pensons sur notre existence. En prendre conscience, puis cesser d’attribuer aux autres la responsabilité de nos frustrations, de nos humeurs et de nos difficultés est une chance, car cela nous permet de reprendre le pouvoir sur notre vie.
Arrêter d’être une victime
À la lecture du titre de ce paragraphe, il est probable que vous ne vous sentiez pas concerné. Si pourtant l’envie vous prenait de faire l’impasse, je ne saurais que trop vous encourager à poursuivre car vous allez voir que la notion est complexe et subtile.
Nous avons souvent l’impression que ce que nous appelons nos « épreuves » sont des punitions. Quand les choses ne se déroulent pas comme nous l’entendons, nous nous sentons malmenés par la vie (ou par les autres) et cela peut déclencher en nous le sentiment d’un sort qui s’acharne ou d’un manque de chance.
Nous cherchons alors une justification à nos comportements, à nos ressentis et aux événements de notre vie : le stress, le travail, la fatigue, la crise, le patron, les bouchons, le gouvernement, le partenaire.
En agissant ainsi, de façon insidieuse, nous nous comportons comme des victimes impuissantes et résignées et, même s’il est difficile de l’admettre, nous nous accrochons à des excuses.
C’est très souvent un choc que de faire cette découverte. Nous n’avons pas du tout le sentiment de nous victimiser surtout si, pour nous, une victime est quelqu’un qui se plaint et qui s’apitoie sur son sort et que nous ne le faisons pas.
Et pourtant…
Nous trouvons la vie injuste ou mal faite. Nous pensons que cela n’arrive qu’à nous. Nous avons l’impression de nous battre sans cesse, de lutter et de survivre plus que de vivre. Mais aussi, nous nous justifions en accusant les autres et pour cela, nous utilisons le conditionnel :
- si le gouvernement faisait son travail, il y aurait moins de chômage et plus de sécurité ;
- si la vie était plus juste, il y aurait moins de souffrances et plus de paix ;
- si notre passé avait été moins douloureux, notre vie aurait été plus simple.
Nous avons pris l’habitude de rejeter la faute sur une personne ou une situation en leur attribuant la responsabilité de nos frustrations.
Dans ces cas-là, ne s’agit-il pas du comportement d’une victime ?
Car…
Si nous jugeons les autres (ou les situations) responsables de ce que nous vivons, si nous croyons que notre passé détermine notre futur et si nous pensons que l’autre, le gouvernement, les bouchons, le partenaire, les enfants possèdent un pouvoir sur notre état d’être, alors nous nous comportons bien en victimes impuissantes.
La conséquence est que tant que nous cherchons des boucs émissaires, nous nous privons de trouver en nous ce qui pourrait nous permettre de mettre un terme à nos souffrances répétitives.
Chaque fois que nous laissons la pluie, la crise, le gouvernement, notre patron, notre partenaire, nos parents, la belle-mère, nos enfants, la peur, la colère, la tristesse devenir maîtres de notre bien-être intérieur ou de notre liberté, c’est parce que nous les laissons entrer en nous. Un bateau ne prend pas l’eau parce qu’elle est autour de lui. Il sombre lorsqu’elle le pénètre et le submerge.
Si nous voulons que quelque chose change dans notre vie, nous devons accepter de nous remettre en question, et rechercher notre part de responsabilité. Au début, ce n’est pas évident, car nous sommes bien plus enclins à chercher un coupable. C’est tellement plus simple.
C’est normal, nous ne pouvons pas changer ce que nous ne voyons pas. C’est pourquoi la première étape indispensable pour amorcer un changement consiste à prendre conscience de nos automatismes en les voyant à l’œuvre. Cette prise de conscience nous conduira à rechercher la vérité et non pas le coupable.
ExerciceObservez vos automatismes à l’œuvre
Notez tout ce que vous attribuez comme étant « à cause de » ou « la faute de ».
Dans les jours qui viennent, vous pouvez essayer de simplement prendre conscience de ce que vous utilisez pour expliquer votre humeur, votre retard, votre frustration ou une situation. Observez la façon dont vous vous justifiez.
Puis posez-vous cette question : quelle est ma part de responsabilité ? Ne cessez pas de chercher avant d’avoir trouvé.
Cette prise de conscience de notre responsabilité est une excellente nouvelle, car une victime ne peut que subir. En revanche, le simple fait de changer de posture permet de passer d’un mode passif à un mode actif… et même créatif puisque nous remplaçons nos plaintes par la recherche de solutions. C’est fou ce que l’on peut obtenir en utilisant notre énergie à bon escient !
Mon histoire personnelle
Je me souviens parfaitement de la première fois où j’ai mis cette méthode en pratique. Une de mes clientes arrivait systématiquement en retard. Je me justifiais alors auprès de la personne suivante et, ce faisant, j’endossais mon costume de victime.
Quelle était ma part de responsabilité ?
Je vous avoue que je ne l’ai pas trouvée tout de suite, ce n’est que le soir venu, avant de m’endormir, que je me suis concentrée sur le sujet.
En réalité, je n’avais jamais pallié ce problème en cherchant ce que je pourrais faire, et c’est là que j’ai réalisé que mon comportement était bien celui d’une victime.
La façon la plus efficace pour trouver notre responsabilité est de chercher les options que nous avons à notre disposition pour résoudre la difficulté. J’ai alors été frappée par le nombre de solutions qui me sont apparues tout à coup.
Je pouvais en parler avec la cliente afin de la sensibiliser, ou bien lui écourter sa séance, ou encore lui fixer un rendez-vous un quart d’heure plus tôt pour rétablir l’équilibre de ma journée. C’est d’ailleurs cette dernière idée que j’ai retenue et je n’ai plus jamais eu à souffrir de son retard, parfois même, c’est elle qui patientait un peu.
Avez-vous remarqué à quel point notre niveau de stress s’élève quand nous sommes coincés dans un bouchon ? Pourtant, notre énervement ne changera rien. Là encore, il arrive que nous cherchions un coupable. On estime alors avoir été retardés par cette caissière qui a pris tout son temps, ou par notre copine Juliette qui nous a téléphoné juste avant notre départ (allant même jusqu’à nous convaincre que celle-ci nous appelle toujours quand ce n’est pas le moment). En agissant ainsi, nous occultons le fait que nous aurions pu ...