PARTIE 1
Notions communes à toutes les familles de Revit
Nous aborderons dans cette première partie l’ensemble des notions théoriques fondamentales que tout créateur de famille a besoin de maîtriser, quel que soit son métier. Ces concepts seront à chaque fois mis en perspective avec les enjeux du BIM auxquels sera consacré le premier chapitre.
1
Les familles dans le contexte du BIM
Lors de la phase de réflexion sur l’écriture de cet ouvrage, il est apparu comme une évidence de commencer en parlant des familles de Revit dans le contexte actuel du BIM. Le but ici n’est pas de vous dresser un portrait détaillé de ce phénomène qui n’a pas fini de bouleverser le secteur du bâtiment. Le présent chapitre a comme objectif de vous présenter rapidement quelques notions fondamentales autour du BIM, mais surtout de les évoquer avec un point de vue qui concerne les objets de la maquette numérique : les familles.
Si vous souhaitez aller plus loin dans la connaissance du BIM, nous vous conseillons de lire le livre d’Olivier Celnik et Éric Lebègue, BIM et maquette numérique (2e édition), paru aux éditions Eyrolles. Sur le Web, vous pourrez discuter de la culture BIM sur le groupe LinkedIn « Pratique du BIM ». Si vous souhaitez plutôt discuter techniques BIM et avoir accès à de nombreuses ressources, consultez également le site communautaire HexaBIM (www.hexabim.com) que nous vous recommandons vivement.
Présentation du BIM
Les définitions du BIM
L’acronyme BIM vient de l’anglais et désigne principalement deux notions étroitement liées mais très différentes :
•BIM pour Building Information Model, communément traduit en français par « maquette numérique ».
•BIM pour Building Information Modeling, qui désigne le processus collaboratif qui se met en place autour de cette maquette numérique et qui, pour l’instant, n’a pas encore trouvé de traduction française consensuelle. Certains parlent de « Bâtiment et informations modélisées » ce qui a l’avantage de rester conforme à l’acronyme d’origine mais qui à mon avis ne traduit pas correctement la notion de processus.
Mediaconstruct (association française en charge du développement francophone de l’OpenBIM) définit sur son site Internet ces deux notions ainsi :
•Building Information Model ou « modèle d’informations de construction » ou encore « maquette numérique » (MN) : la représentation numérique des caractéristiques physiques et fonctionnelles d’un bâtiment. Comme tel, il sert de ressource de la connaissance partagée des informations sur le bâtiment, et forme une base fiable pour prendre des décisions au cours de sa vie dès la création. C’est aussi une représentation 3D qui va plus loin que la simple modélisation d’un bâtiment. C’est une sorte de base de données techniques, un ensemble structuré d’informations sur un bâtiment, existant ou en projet. Il s’agit d’une base de données standardisée, partagée, capable de contenir toutes les informations techniques de l’ouvrage bâti, depuis la conception jusqu’à l’exploitation. Elle contient les objets composant le bâtiment, leurs caractéristiques et les relations entre ces objets. Ainsi, la composition détaillée d’un mur, la localisation d’un équipement ou d’un élément de mobilier dans une pièce, font partie du BIM. Ces informations complètent la description purement géométrique de la forme du bâtiment produites par certains logiciels.
•Building Information Modeling : un processus métier de génération et d’exploitation des données du bâtiment pour concevoir, construire et exploiter le bâtiment lors de son cycle de vie. Dans ce cadre, le BIM est un process d’échanges autour de maquettes numériques dans un esprit de travail collaboratif interne à une entreprise ou interprofessionnel.
À cette dernière définition manque une notion essentielle selon moi : l’informatique ! Un gros mot ? Certes la maquette numérique est forcément un objet informatique mais tous les procédés collaboratifs autour de cette dernière le sont tout autant. Les acteurs du bâtiment ont toujours collaboré dans le passé mais ce qui change avec le BIM c’est :
•le support, qui passe de plans papier, PDF ou DWG, à une base de données 3D informatique (la maquette numérique) ;
•l’informatisation des processus de collaboration autour de cette base de données.
Cette notion d’informatique, et donc d’outils informatiques, est importante car on ne fait pas du BIM sans mettre « les mains dans le cambouis », en d’autres termes, sans savoir faire fonctionner les outils. Et comme vous le verrez, cette expression est tout à fait adaptée lorsqu’il s’agit de concevoir, créer, mettre au point et peaufiner des familles dans Revit.
Voici donc notre propre définition du BIM, version processus : un processus informatisé de collaboration pluridisciplinaire organisé autour d’une base de données 3D, la maquette numérique, en vue d’optimiser la conception, la construction, l’exploitation et au final, la démolition d’un bâtiment.
Les concepts du BIM et les enjeux autour des objets
Dans sa définition de la maquette numérique, Mediaconstruct place les objets au centre de la maquette numérique : Elle contient les objets composant le bâtiment, leurs caractéristiques et les relations entre ces objets. Ainsi, la composition détaillée d’un mur, la localisation d’un équipement ou d’un élément de mobilier dans une pièce, font partie du BIM.
Finalement, la maquette est un ensemble d’objets virtuels qui contiennent les propriétés des objets réels et qui, éventuellement, simulent leur comportement. C’est aussi pour cela qu’on parle souvent d’avatars du bâtiment.
Ces objets qui doivent simuler les objets réels sont donc les principaux contenant des informations d’une maquette. Cette information va être diffusée, transmise aux intervenants de la construction de différentes manières en fonction du type de collaboration (les niveaux de maturité). Les enjeux pour les objets qui en découleront seront également assez différents mais posent à chaque fois de nombreuses questions. Au fil de l’ouvrage, nous verrons comment les aborder et nous tenterons de vous apporter des réponses spécifiques en matière de création de familles à chaque fois que cela s’avérera pertinent.
Les niveaux de...