DEUXIÈME PARTIE
LA PRÉVENTION DES DÉSORDRES
Les troubles du sommeil
Les personnes qui souffrent d’insomnies dorment mal, se réveillent en se sentant mal dans leur corps et leur tête toute la journée. L’insomnie traduit un malaise psychologique où l’anxiété joue un rôle important.
Les signes cliniques d’un mauvais sommeil
Les signes physiques : frilosité, baisse de la croissance, chute de l’immunité, retard scolaire, besoin accru de sucre, douleurs diverses, émonctoires bloqués, endormissement après les repas, somnolence devant la télévision, enfant énervé qui pleure facilement, urines claires et transparentes.
Les signes émotionnels : émotions, besoin de sucre pour se rassurer, grande perméabilité au stress, dépression, humeur psychique en dents de scie (alternance de calme et de nervosité et irritabilité).
Les signes mentaux : baisse des performances mentales, baisse de l’attention, trous de mémoire.
Les causes d’insomnie
Une classification internationale, publiée en 1990, recense environ vingt-huit troubles du sommeil en trois groupes selon leurs causes déclenchantes :
les facteurs intrinsèques (qui trouvent leur origine dans l’organisme lui-même) ;
les facteurs extrinsèques (dus à des circonstances extérieures à l’organisme) ;
les deux facteurs réunis.
Les facteurs intrinsèques trouvent leur origine :
soit dans des pathologies médicales (douleurs dentaires ou musculaires, problèmes cardiovasculaires, digestifs – présence de vers –, pulmonaires, rénaux, endocriniens ou neurologiques dégénératifs…) ou psychiatriques (dépression, anxiété, idées fixes…) ;
soit dans des facteurs organiques personnels comme des mouvements des membres inférieurs (syndrome des jambes sans repos) qui empêchent de rester immobile ou l’endormissement difficile avec nombreux réveils (apnées du sommeil).
Les facteurs extrinsèques trouvent leur origine :
dans les comportements, attitudes et pensées incompatibles avec la survenue du sommeil (manger au lit, regarder la télévision tard dans la nuit ou dans sa chambre à coucher, consommer des excitants, lire un roman policier attractif et palpitant, avoir des pensées érotiques…) ;
dans la peur de l’endormissement ; la peur de ne pas dormir constitue certainement le premier maillon amenant les insomniaques ou ceux qui se croient tels à commencer la consommation de drogues médicamenteuses qu’ils espèrent salvatrices de l’état d’anxiété.
Un classement par les aspects étiologiques distingue plusieurs sortes d’insomnies :
L’insomnie de circonstances : travail nocturne, changement
de travail, les « trois huit », changements brutaux de plusieurs fuseaux horaires, bruit, température, douleur, examen, soucis, maladies, médicaments (corticoïdes, théophylline, anti-hypertenseurs…), grossesse, aliments excitants et/ou toxiques… Son intensité dépend de l’importance du facteur déclenchant mais aussi de l’âge du sujet et de sa prédisposition à l’insomnie. Le Pr Michel Jouvet a donné le nom de maladie d’Edison aux insomnies occasionnelles dues à une trop forte exposition à la lumière : lorsque nous nous exposons à un éclairage puissant en soirée, la glande pinéale bloque la production de mélatonine.
L’insomnie de surmenage : un effort physique trop intense engendre une hyperacidité qui entraîne à son tour une hyperexcitabilité, une hypersensibilité aux stimulations sensorielles et donc une altération du sommeil…
L’insomnie névrotique : l’endormissement est contrarié par la peur de ne pas s’endormir et entretenu par les « ruminations » intellectuelles. Elle est fréquente chez les sujets ne sachant pas se couper de leur activité professionnelle et principalement intellectuelle.