Partie III
De quoi avez-vous envie ?
Connaître ses motivations, cerner avec le plus de précision possible ce qui nous motive et nous démotive, est une part essentielle d’un bilan de compétences, tant il est vrai que, si l’on n’est pas ou plus motivé pour ce que l’on fait, le risque existe de devenir un jour moins performant même en ayant les compétences requises pour son poste.
D’autre part il demeure certain qu’en étant moins motivé, l’individu est à terme toujours moins épanoui, le besoin d’épanouissement personnel étant chez chaque être humain tout aussi important que celui de gagner sa vie.
Quelle que soit votre situation, savoir vers quoi vous orienter, redonner un élan à votre carrière, vous réinvestir autrement, enrichir votre poste, mieux vous projeter dans l’avenir, faire des choix, voire être simplement plus convaincant lors de vos entretiens et donc atteindre plus facilement votre objectif… passe par une bonne connaissance de vos motivations.
Notre commentaire
Connaître vos motivations, en d’autres termes savoir ce que vous voulez, est surtout essentiel pour définir ou clarifier un projet, votre projet.
Cela vous aidera à trouver votre voie surtout si vous vous trouvez dans une impasse, si vous connaissez un échec ou si vous en êtes au constat que vous ne pouvez en aucun cas continuer à exercer votre métier, tant ce dernier est précisément devenu démotivant.
De fait, bien plus qu’on ne le pense, nombre de projets professionnels se réalisent et réussissent sur la base de motivations fortes seulement, sans que l’ensemble des compétences requises pour ces projets n’aient été jusque-là mises en œuvre. De plus, sans avoir vraiment pratiqué un métier, une activité, on peut se révéler compétent ou acquérir très rapidement les compétences nécessaires parce que la motivation est très forte.
Nous n’insisterons jamais assez sur le fait qu’il n’est pas rare de pouvoir redonner un élan, un souffle à son parcours professionnel, simplement en intégrant un élément fort de motivation.
De fait qu’y a-t-il de plus porteur, de plus motivant ? Quelle meilleure garantie de réussite que ces désirs, ces mouvements qui viennent de l’intérieur de soi ?
Dans tous les cas, plus on connaît ses motivations, plus on essaie de les intégrer dans son projet, et mieux on réussit sa vie professionnelle, dans la mesure où l’on donne alors le meilleur de soi, et plus on a de chances d’en être satisfait.
Si les compétences relèvent d’une certaine façon de l’acquis, du passé et du présent, les motivations sont de l’ordre de l’avenir et de la projection.
Se donner le temps de réfléchir
Il peut sembler plus simple de connaître nos motivations que nos compétences, dans la mesure où elles existent en nous-mêmes, par nous-mêmes, et où elles ne sont déterminées que par nous-mêmes. Et pourtant, nous ne les identifions pas si facilement en général, dans la mesure où nous n’avons le plus souvent ni le temps ni l’habitude d’y réfléchir.
Réfléchir à nos motivations nécessite en effet inévitablement de prendre du temps pour avoir du recul, de s’accorder une pause et de sortir un peu de la routine qui reste toujours pesante. Sans compter que nous craignons parfois de nous interroger, en sachant que les réponses risqueraient de nous pousser à devoir changer : changer de poste, de voie mais aussi parfois de façon de communiquer pour mieux nous faire entendre, de gagner en confiance en soi pour tenter précisément d’obtenir ce que nous désirons.
Au-delà du quotidien qui nous enferme, il convient également de souligner que nous sommes culturellement peu habitués à nous interroger sur nos désirs ; nous sommes davantage encouragés à faire notre « devoir » tels des enfants obéissants, voire à subir des situations insatisfaisantes (culpabilité et influence judéo-chrétienne obligent) même si l’individu, ses besoins et ses désirs ont, au moins depuis les deux dernières décennies, davantage droit de cité, voire sont encouragés.
D’autre part certains désirs, certaines « motivations », certains souhaits peuvent, selon le milieu duquel on est issu et celui dans lequel on évolue, être mal vus, mal considérés, voire dévalorisés. Il est alors fréquent, même quand on prend le temps de mieux regarder ce que l’on veut, que l’on s’interdise ces désirs d’une certaine manière peu avouables et qu’ils soient ainsi parasités, étouffés et par conséquent non reconnus comme tels.
Certains métiers, certaines activités, certains secteurs ou certains statuts sont plus valorisés que d’autres. Un directeur de marketing qui veut ouvrir une librairie, un directeur de ressources humaines qui veut devenir ébéniste, un technicien qui préfère ne pas devenir ingénieur pour se consacrer à sa passion qui est la musique, un cadre qui préfère refuser une promotion pour avoir plus de temps pour sa famille, etc. sont des motivations moins valorisées que de continuer à grimper dans l’échelle sociale, dans sa filière de départ, en prenant de plus en plus de responsabilités.
Enfin, même quand on est prêt, ouvert pour s’interroger vraiment sur ses motivations, encore faut-il dans la majeure partie des cas une grille de questionnement, une « méthode » pour pouvoir les repérer de manière plus systématique et pour les hiérarchiser dans la mesure où certaines de ces motivations sont parfois contradictoires.
Mais de quoi sont faites vos motivations ?
Quand on parle dans le langage courant de « motivations », on a tendance la plupart du temps à penser au « rêve » que l’on peut avoir de faire quelque chose, au « désir » même vague de changer de situation : « Ce qui me motiverait serait de… » On exprime souvent également un besoin : « Je serais davantage motivé si je me sentais reconnu », ou bien le plaisir éprouvé dans ce que l’on fait : « J’adore négocier », « concevoir », « enseigner », voire encore le souhait que l’on aurait d’une formation en anglais ou celui de faire davantage de déplacements, etc.
À cette simple énumération on réalise aussitôt que, lorsque nous parlons de motivations, nous évoquons tous des choses différentes, de nature différente.
D’autre part on devine qu’en réalité, quand nous parlons de nos « motivations », sans nous en rendre compte nous n’en évoquons la plupart du temps qu’un seul élément, en fonction de notre situation et de l’urgence du moment.
Or, pour vraiment faire le point sur ses motivations, plusieurs entrées sont à explorer, plusieurs paramètres complémentaires et de nature différente sont à prendre en compte.
D’ailleurs quand on dit d’une personne qu’elle est motivée ou quand on se sent soi-même motivé, c’est parce qu’un certain nombre d’éléments sont présents dans la vie professionnelle ; on aime par exemple exercer son activité parce qu’on y a du plaisir, on y trouve des satisfactions comme le fait de bien gagner sa vie, d’y avoir des collègues intéressants, de voyager si c’est l’un de ses souhaits, peut-être aussi a-t-on toujours eu le désir de faire ce métier, etc.
Plus il y a d’éléments de motivation présents dans l’exercice d’une activité professionnelle et plus on est motivé.
Bien connaître ses motivations nécessite en réalité d’explorer et d’identifier avec précision différents éléments qui sont en réalité constitutifs de ce que l’on appelle la motivation.
Or une fois encore on a tendance à réduire l’évocation (ou l’analyse) de nos motivations à un, deux, trois, voire quatre...