La boutique de Ya foufou
Le foufou est un gros rat prédateur qui vit dans la forêt, au Congo-Brazzaville, en Afrique noire.
Ce rongeur est surnommé « foufou » dans la langue vernaculaire, le lari.
« Ya » est un préfixe placé souvent devant un nom ou un prénom.
Les personnages :
| Sokomoutou : | le Chimpanzé. |
| Mounganga : | le Corbeau. |
| Gouvou : | L’Hippopotame. |
| Nkélélé : | la Pintade. |
| Ngomboulou : | le Lion. |
| Nkabi : | L’Antilope. |
| Ngandou : | le Crocodile. |
| Moubakou : | le Renard. |
| Nzaou : | L’Éléphant. |
| Ma-Tchéché : | le Lièvre. |
La forêt qui entourait le village où habitait Ya foufou s’étendait sur plusieurs centaines d’hectares. Il y avait une rivière où les crocodiles régnaient en maîtres sur des milliers de poissons. Ya foufou était orphelin et n’avait pas de frères et sœurs. Il vivait seul avec sa femme et leur enfant dans une cabane en banco.
Depuis la fondation de Bikéri, personne n’avait encore songé à ouvrir une boutique d’alimentation dans le village pour vendre des vivres aux habitants, ainsi qu’à ceux des hameaux voisins, sans oublier les gens de passage. Ya foufou fut donc le premier à avoir cette idée d’ouvrir une épicerie à Bikéri. Il décida dès la semaine suivante d’aller en informer tous ses amis un à un, y compris l’ensemble de la population, et ceux qui résidaient aux alentours.
Le premier camarade à qui il alla s’entretenir fut Sokomoutou le Chimpanzé.
— Bonjour Sokomoutou.
— Bonjour Ya foufou, tu es venu me demander la permission de cueillir les mangues de mon arbre ?
— Non, j’ai un manguier chez moi, et je peux me servir quand j’en ai envie, répondit Ya foufou.
— Alors, tu es juste venu me voir ? demanda Sokomoutou.
— Oui, j’ai une information capitale à te communiquer.
— Je t’écoute.
— J’ai l’idée d’ouvrir une boutique ici à Bikéri.
— Une boutique pour vendre quoi ? interrogea Sokomoutou.
— Pour vendre des produits alimentaires. Je servirai également de relais auprès des gens qui chercheraient à passer commande à Mavoula, répondit Ya foufou.
— Et à quel emplacement comptes-tu mettre ta boutique ? interrogea Sokomoutou.
— Je pense l’installer à l’entrée du village, là où passent les camions de transports, dit Ya foufou.
— Il te faut une autorisation du chef du village pour construire ta boutique, avança Sokomoutou.
— Je le sais, je compte aller lui en parler après demain, répondit Ya foufou.
— Tu comptes la construire avec quels matériaux ? Est-ce quelle sera en terre cuite, en ciment, en bois, en tôle, ou tu comptes acheter un conteneur et le transformer en boutique ? demanda Sokomoutou.
— Ma boutique sera construite en bois. J’ai déjà demandé à un menuisier de me faire un devis pour savoir combien ça va me coûter, expliqua Ya foufou.
— Ya foufou, c’est une bonne idée que tu as eue là pour approvisionner tous les habitants de Bikéri, et toutes les personnes qui habitent autour de chez nous, dit Sokomoutou.
— Je tenais à t’informer parce que tu seras l’un de mes futurs clients.
— Mais c’est avec plaisir que je viendrai acheter des produits dans ta boutique, répondit Sokomoutou.
Après avoir quitté son ami Sokomoutou le Chimpanzé, Ya foufou se rendit chez Mounganga le Corbeau, pour lui parler de sa boutique. Le Corbeau était perché sur une branche d’où il pouvait admirer le paysage qui entourait le village de Bikéri.
— Bonjour Mounganga.
— Salut Ya foufou, tu vas où comme ça ?
— Je suis venu te voir pour t’annoncer une bonne nouvelle, répondit Ya foufou.
— Laquelle ? interrogea Mounganga.
— J’ai décidé de créer une boutique alimentaire à Bikéri, où je vendrai les produits de première nécessité, dit Ya foufou.
— Qu’est-ce que tu as dit ? Tu vas créer quoi à Bikéri ? demanda Mounganga.
— Je vais ouvrir une boutique dans notre village, dit Ya foufou.
— Et tu vas vendre quelles choses dans ta boutique ? interrogea Mounganga.
— Je vendrai par exemple du pain, du sel et du sucre, répondit Ya foufou.
— Si tu vends du pain, il te faudrait aussi vendre du beurre, dit Mounganga.
— Oui, il y aura du beurre et du pâté dans ma boutique. Je vendrai également de la confiture de mangues, de figues et de goyaves que je fabriquerai moi-même, expliqua Ya foufou.
— Quoi ! Tu sais faire la confiture ? interrogea Mounganga.
— Quelqu’un à Mavoula m’a donné la recette. Il suffit de cuire des fruits en morceaux avec du sucre pendant trente minutes, après avoir macéré les fruits pendant la nuit, tout en ajoutant du jus de citron, et ensuite de mettre le tout dans des bocaux Par exemple, pour 1 kg de fruits dénoyautés, il faut 700 g de sucre. On peut faire de la confiture avec tous les fruits qui poussent dans notre pays, expliqua Ya foufou.
— C’est bien ce que tu a...