Le secret des mages du trident rouge
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Le secret des mages du trident rouge

Une enquĂȘte de Crevette et Baccardi

  1. 218 pages
  2. French
  3. ePUB (adaptée aux mobiles)
  4. Disponible sur iOS et Android
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Le secret des mages du trident rouge

Une enquĂȘte de Crevette et Baccardi

À propos de ce livre

Qui sont les Mages du Trident Rouge? Une secte, une association de disciples un peu fĂȘlĂ©s, dont la particularitĂ© est de terminer leurs rĂ©unions en chantant et dansant sur l'air de la Belle HĂ©lĂšne d'Offenbach...Tous, adorateurs de Satan! Comme ce tueur en sĂ©rie qui signe ses crimes d'une citation latine: Demon est deus inversus, le diable est dieu sens dessus dessous. Crimes particuliĂšrement odieux et tellement sordides que la presse le surnomme l'Équarrisseur... Dans une nouvelle enquĂȘte, le Commandant LĂ©on Crevette, aidĂ© de son ami Eddy Baccardi, explore l'univers des Mages du Trident Rouge et va traquer l'Équarrisseur.

Foire aux questions

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Informations

Année
2022
ISBN de l'eBook
9782336952093

DeuxiĂšme partie

L’Équarrisseur

9

Comme tous les matins, FlorĂ©al Bertillon descend du bus Ă  l’arrĂȘt Émile Roux qui le laisse au centre-ville, Ă  quelques pas de son bureau. L’homme est comptable, c’est ainsi qu’il se prĂ©sente, dans un important magasin spĂ©cialisĂ© en articles de pĂȘche : « Au Barbeau FrĂ©tillant ».
Bertillon n’est en fait qu’un simple employĂ© aux Ă©critures besogneux, scribouillard dont les journĂ©es sont rythmĂ©es par la tenue des comptes de fournisseurs, loin de ses deux illustres homonymes, criminologue ou marchand de sorbets.
Que l’eau soit douce ou salĂ©e, on n’imagine pas ce qu’un commerce spĂ©cialisĂ© dans la pĂȘche peut compter comme distributeurs, fabricants ou grossistes.
De la simple canne aux moulinets dernier cri, bouchons, fil, hameçons, les diffĂ©rents appĂąts, leurres, cuillers, amorces, mouches, esches, ainsi que les bottes, cuissardes et waders, c’est toute une palanquĂ©e de rĂ©fĂ©rences que FlorĂ©al doit suivre.
Sans oublier le peuple de l’eau domestique, l’aquarium, les carassins dorĂ©s et les nĂ©ons bleus. Il doit s’assurer que les crĂ©anciers ne sont payĂ©s ni trop tĂŽt ni trop tard, dĂ©duire les avoirs, contrĂŽler les remises, vĂ©rifier que les ports sont bien franco ; les ports, dans un magasin de pĂȘche
 ! En rĂ©sumĂ© FlorĂ©al doit veiller aux pĂ©pĂštes.
Pourtant il a ratĂ© sa vocation, son rĂȘve c’était d’ĂȘtre grutier, une grande grue jaune. Grimper l’échelle mĂ©tallique, arriver tout en haut dans le brouillard du petit matin avec sa bouteille vide et son thermos, l’un pour le vider, l’autre pour la remplir.
Gagner la cabine, toute la journĂ©e guider la flĂšche avec dextĂ©ritĂ© et prĂ©cision, dĂ©placer des charges Ă©normes tels des fĂ©tus de paille comme de simples paquetages de la taille d’une caisse de biĂšres. Entre ciel et terre, rĂ©gner sur le monde

ProblĂšme, le candidat grutier avait le vertige et dut remiser ses ambitions ascensionnelles au rayon des paradis perdus.
Faute de grue il transpire sur un tableur, on vient tout juste de le doter d’un PC, tout en regrettant la gomme et le crayon de bois, le grand livre et les Ă©tranges machines mĂ©canographiques.
Il est vintage FlorĂ©al, dans une petite boĂźte en fer qui jadis hĂ©bergea des Pullmol ou des Valda, il conserve soigneusement de collantes douceurs comme lui d’un autre Ăąge, les fameuses tĂȘtes de citoyens racisĂ©s qu’il mastique entre deux comptes de classe six.
Outre le directeur, « Au Barbeau Frétillant » compte huit salariés, un chef comptable qui chapeaute Floréal ainsi que son alter ego chargé de la comptabilité clients, une personne qui assure les expéditions et les livraisons, trois vendeuses et un vendeur pour accueillir les chalands.
Ce petit monde ne l’aime pas beaucoup Bertillon, surtout les vendeuses. Elles trouvent qu’il a un regard en dessous qui leur fait dire que ce qu’il regarde, pire, ce qu’il convoite, c’est justement leurs dessous.
Il se murmure que son truc ce serait la lingerie, qu’elle soit fine ou non, sans exclusive. D’ailleurs il est toujours en train de mater plus ou moins discrĂštement les femmes, clientes ou collĂšgues, en chair et en os, quand ce ne sont pas les pages des catalogues de lingerie ou les sites spĂ©cialisĂ©s.
Tous les chemins mùnent à l’informatique !
FlorĂ©al Bertillon vit seul, cĂ©libataire endurci malgrĂ© lui, vieux garçon plutĂŽt. Petit, trapu, gamin il a fait des haltĂšres ce qui a ralenti sa croissance, mais lui a donnĂ© une force herculĂ©enne. Il a Ă©galement pratiquĂ© la lutte, la grĂ©co-romaine, il aimait bien ce sport, le contact, le frottement des corps

L’homme est toujours vĂȘtu Ă  l’identique, d’un drĂŽle d’habit noir qui n’aurait certainement pas fait les grands soirs de la Hongrie d’avant Orban, un costume marron qui a dĂ» connaĂźtre l’occupation, un pull jacquard sur une chemise Ă  carreaux ainsi que des bertillons, pardon des botillons noirs Ă  lacets. Il n’est pas trĂšs fashion FlorĂ©al.
Lorsqu’il quitte le magasin vers dix-huit heures, il aime Ă  s’asseoir sur un banc dans le square situĂ© Ă  cĂŽtĂ© de son arrĂȘt de bus. Avec les beaux jours qui reviennent, les enfants sont de plus en plus nombreux. FlorĂ©al les regarde, un sac de bonbons Ă  la main. MĂȘme comme misfit, il est encore d’un autre siĂšcle !
Aujourd’hui pas de pause pĂ©dagogique, pas le temps de flĂąner dans son square prĂ©fĂ©rĂ©, Bertillon prend son bus directement, tout excitĂ©. Il doit faire quelques courses pour le repas : ce soir il reçoit.
Il a invitĂ© la voisine du dessous pour dix-neuf heures prĂ©cises, on dĂźne tĂŽt chez Bertillon. Selon un clichĂ© bien Ă©tabli, le mari de cette derniĂšre s’est Ă©vaporĂ© avec une petite jeune, la laissant seule avec une fille et un chien, un basset artĂ©sien qui a le don d’agacer FlorĂ©al lorsqu’il le croise dans l’escalier.
À l’exception des poissons qu’il tolĂšre, bien obligĂ©, il a horreur des animaux, qu’ils soient Ă  poils ou Ă  plumes.
PrĂ©cise comme l’indicateur des chemins de fer, la voisine sonne Ă  la porte Ă  dix-neuf heures.
Quelle n’est pas la dĂ©ception de l’hĂŽte lorsqu’il constate que son hĂŽte est toute seule !
Craignant qu’elle ne s’ennuie, elle a confiĂ© sa progĂ©niture Ă  une cousine pour la soirĂ©e. L’amphitryon a bien du mal Ă  cacher sa contrariĂ©tĂ©, mais grand seigneur, il propose l’apĂ©ritif : un Dubonnet. Le vĂ©ritable, celui de la publicitĂ©, dubo, du bon, etc

Entre deux crackers, FlorĂ©al peine Ă  alimenter la conversation et s’échappe pour filer en cuisine. Il a prĂ©parĂ© des rognons Ă  la crĂšme cuisinĂ©s avec des champignons, c’est son pĂ©chĂ© mignon.
Comme pour les testaments, il y a deux Ă©coles pour les rognons : l’ancienne et la nouvelle. Selon l’ancienne ils ne doivent pas ĂȘtre trop lavĂ©s et donc sentir l’urine, une gastronomie urophile en quelque sorte, alors que les tenants de la nouvelle dĂ©fendent un rognon qui respire le propre !
FlorĂ©al est bien entendu de la premiĂšre Ă©cole. La voisine mange ses abats poliment, du bout des dents, heureusement que la gamine n’est pas venue

Pour faire passer le tout, l’Amphitryon sert une salade accompagnĂ©e d’un morceau de brie trouvĂ© au Franprix du bout de la rue.
« Ô scarole ne me regarde pas comme ça » semble dire la croĂ»te molle. En guise de dessert un yaourt, envoyez c’est pesĂ© !
Le repas se dĂ©roule, sinistre. Poliment la voisine essaie d’alimenter la conversation, car FlorĂ©al n’est pas du genre disert, quelle que soit la saison. Logiquement elle en vient Ă  parler des deux meurtres qui secouent la ville.
— La tĂ©lĂ© l’appelle l’Équarrisseur, il paraĂźt qu’il dĂ©pĂšce ses victimes, vous vous rendez compte ? Je n’ose plus laisser sortir ma fille seule, et moi aussi j’ai peur.
FlorĂ©al est contrariĂ© par sa soirĂ©e ratĂ©e, il Ă©coute distraitement. Comme tout le monde, il a lu la presse et suit l’évolution de l’enquĂȘte, ça ne l’impressionne pas. C’est du bout des lĂšvres que la voisine horrifiĂ©e l’entend murmurer.
— Tu parles, c’est un petit joueur cet Équarrisseur

Baccardi n’a pas revu Crevette depuis une semaine et se demande si l’enquĂȘte a progressĂ©, il est inquiet pour LĂ©on, car il sait que les mĂ©dias ne lĂącheront pas l’affaire.
Le Commandant quant Ă  lui aime s’appuyer sur Eddy, il n’y a aucune concurrence entre les deux hommes, juste de l’amitiĂ©. Il sait qu’il fera un usage efficace des renseignements donnĂ©s tout en restant Ă  sa place, sans chercher Ă  lui voler la vedette.
Un signe, les deux hommes ne manqueraient pour rien au monde leur déjeuner du jeudi, sauf événement exceptionnel.
Au dĂ©but de leur collaboration, ils dĂźnaient ensemble toutes les semaines, mais c’était avant que leurs vies de cĂ©libataires ne soient bouleversĂ©es par les arrivĂ©es concomitantes de Valentina et de Colombe.
Seules les enquĂȘtes de l’un et les consultations de l’autre sont dĂ©sormais autorisĂ©es Ă  perturber les soirĂ©es familiales.
C’est une surprise qui attend Eddy au Bar des Sports. LĂ©on arrive flanquĂ© d’une jolie femme, grande, brune aux yeux bleus. Crevette dissipe immĂ©diatement le doute, non il n’a pas quittĂ© Valentina, il s’agit de son adjointe.
Eddy avait compris, mais dans ce genre de situation LĂ©on est tout chose, comme un gamin pris les doigts dans le pot de Nutella ou la main dans la culotte d’un zouave.
D’entrĂ©e, aprĂšs les prĂ©sentations d’usage, le Commandant indique qu’il n’y a rien de nouveau susceptible de dĂ©boucher sur une piste. Puis il poursuit.
— Notre assassin, c’est avant tout un sadique, un Ă©quarrisseur comme disent les mĂ©dias, ça colle avec le personnage. Mais il n’est pas plus croyant ou sataniste que je suis pape.
— N’évacue pas la piste religieuse trop rapidement.
Clara Derval semble approuver et prend la parole.
— Pourquoi semer des images pieuses comme indices, il y a forcĂ©ment un rapport avec la religion ? L’enfance de l’assassin, son mĂ©tier peut-ĂȘtre

Tel un sĂ©maphore, souvenir d’un camp scout oĂč il avait rĂ©ussi laborieusement Ă  obtenir son brevet, Crevette agite les bras en signe de dĂ©sapprobation.
— Dans ce cas pourquoi ne signe-t-il pas lui-mĂȘme, l’ArchevĂȘque, le Cardinal, que sais-je encore ? Ça en jetterait quand mĂȘme un peu plus, non ?
— Et toi, dit Baccardi, si tu Ă©tais pape, quel patronyme prendrais-tu ?
La Capitaine sourit et poursuit.
— Il n’ose pas, ce type est un frustrĂ©. De quoi, pour quelle raison, Ă  nous de le dĂ©couvrir.
— Je suis d’accord avec ton adjointe Commandant (devant sa subordonnĂ©e Eddy n’ose pas appeler LĂ©on LĂ©on), laisser une image pieuse aussi ambiguĂ« n’est certainement pas le fruit du hasard.
Crevette reste sceptique, mais tous en conviennent, l’enquĂȘte ne fait que commencer. Le problĂšme est que l’assassin leur livre un me...

Table des matiĂšres

  1. Couverture
  2. 4e de couverture
  3. Collection « Noir »
  4. Copyright
  5. Titre
  6. Du mĂȘme auteur
  7. Dédicace
  8. Exergue
  9. PremiĂšre partie : Demon est Deus inversus
  10. Deuxiùme partie : L’Équarrisseur
  11. TroisiÚme partie : La Belle HélÚne
  12. Adresse