Ă la frontiĂšre de l'autofiction et du rĂ©cit de deuil, ce roman d'une honnĂȘtetĂ© brutale, presque transgressive est d'une puissance rare, Ă la fois panĂ©gyrique et rĂ©quisitoire, lyrique et brutal, oĂč se mĂȘlent la haine, l'amour, la culpabilitĂ©, la rĂ©volte et une forme de rĂ©signation lucide qui refuse la rĂ©demption. On assiste Ă la traversĂ©e d'une vie entiĂšre sous le signe de l'impermanence accompagnĂ©e par le robot Nestor, compagnon d'errance mentale, un autre « condamnĂ© » dont les circuits grillent en mĂȘme temps que les souvenirs de l'hĂ©roĂŻne.
La culpabilitĂ© intime, la douleur physique et mentale, la perte progressive de soi, les liens qui se dĂ©font, les injustices sociales et politiques, les plaisirs sensoriels, les dĂ©sirs inassouvis, les rĂȘves ratĂ©s, jusqu'Ă une solitude cosmique. Tout est mis sur le mĂȘme plan, tout est essentiel. C'est un roman sur la dissolution de tout â souffrance comme bonheur â dans le temps, jusqu'Ă la mort. Une luciditĂ© nue, un peu glacĂ©e sur une vie hantĂ©e par une faute initiale, mais qui, Ă la fin, est dissoute dans un constat plus vaste : tout disparaĂźt, faute comprise.
