Odeurs
Pierre Ernoult
Cet ouvrage fait 373 500 caractĂšres, 59 600 mots, soit 312 pages au format papier.
Citez cinq odeurs. Une seule condition : ne nommer aucun objet.
L'exercice s'arrĂȘte au premier mot. Le français dĂ©signe les odeurs par leur source â le cafĂ©, l'essence, le lilas â ou par un jugement. Entre les deux, il ne propose rien.
Cette lacune tient à notre langue plutÎt qu'à notre espÚce. D'autres langues nomment les odeurs aussi facilement que le français nomme les couleurs, et l'on sait aujourd'hui pourquoi.
L'idée que l'homme sent mal remonte à un anatomiste de 1879 qui n'avait testé l'odorat de personne. Le nombre d'odeurs que nous distinguons est inconnu, aprÚs deux estimations successives dont l'une a reçu son erratum dix ans plus tard. La part de l'odorat dans ce que nous appelons le goût circule partout sans qu'aucune étude ne l'ait établie. Et l'odorat, ce sens que chacun accepterait de perdre en premier, coûte une fois perdu autant que le diabÚte ou l'insuffisance rénale.
De la géosmine qui donne son odeur à la pluie jusqu'au gaz de ville qu'il a fallu parfumer aprÚs trois cents morts, de la molécule qui trahit la maladie de Parkinson dans le sébum jusqu'à la fleur qui sent la charogne avec les composés d'un fromage de garde, quarante chapitres traversent la chimie, la médecine, l'histoire et le droit.
Chacun s'appuie sur une molécule que l'on peut nommer et souvent sentir. Chacun corrige une idée reçue, expose la méthode qui a produit ses chiffres, et propose une expérience à faire chez soi.
Un livre qui donne des fourchettes lĂ oĂč d'autres donnent des nombres ronds, et qui dit chaque fois d'oĂč vient l'Ă©cart.
Une histoire naturelle, culturelle et franchement nécessaire
Dans la mĂȘme collection
âą Couleurs
âą Caca
âą Odeurs
âą Douleur
