Être au mauvais endroit au mauvais moment. Voici leur histoire...
Tu es né à Aulnay-sous-Bois, à l'été 1942. Au mauvais endroit, au mauvais moment… un moment qui dura plus de cinq décennies… Tu as grandi sans le savoir, comme tous tes amis d'enfance, près d'une usine de broyage d'amiante installée en pleine zone pavillonnaire. Tu as quitté le Vieux Pays en 1961. Le cancer de l'amiante t'a rattrapé en juin 2014. Paul, mon Père, mon meilleur ami. Travailleur, fraternel, libertaire. Juste. Nous sommes tombés sur des gens de médecine malhonnêtes, dignes héritiers des membres du Comité Permanent Amiante (1982-1995). Nous avons cru en leur probité. Nous avons lutté, ensemble.
Ce livre retrace notre parcours, calendrier autobiographique sur quinze mois dans le monde médical à Nevers, dans la Nièvre. Nous y exprimons à deux voix la stupéfaction de la découverte de ta maladie, puis la compréhension de l'origine de ton empoisonnement. Nous y dénonçons l'irrespect médical et la maltraitance dont sont trop souvent victimes les patients atteints de pathologies uniquement imputables à l'amiante, et le mensonge médical qui complète le mensonge industriel et le couvre. Nous subissons. Nous sommes des millions. Nous faisons des allers-retours au cimetière. Nous enterrons nos morts.
Un témoignage poignant sur les dégâts causés par l'amiante !
À PROPOS DE L'AUTEURE
Virginie Dupeyroux est la fille et la petite-fille de victimes environnementales de l'ancienne usine de broyage d'amiante CMMP (Comptoir des minéraux et matières premières) d'Aulnay-sous-Bois (93). Elle est membre de Ban Asbestos France, de l'association Henri Pezerat et de l'Adeva Centre, associations auxquelles sont reversés les bénéfices de ce livre. Elle témoigne ici aux côtés de son père, Paul Dupeyroux, décédé d'un mesotheliome, le « cancer de l'amiante », en 2015.

- French
- ePUB (adaptée aux mobiles)
- Disponible sur iOS et Android
eBook - ePub
À propos de ce livre
Informations
Sujet
Social SciencesTable des matières
- Couverture
- Virginie Dupeyroux
- PRÉFACE
- Ban Asbestos France, association de Iutte contre I'amiante créée en 1994, se bat
- Le
- HAUT LES CŒURS !
- AMOUR, CERISES, MISTRALS GAGNANTS
- l’âge de trois ans. Le premier jour d’école, constatant avec dépit qu’on ne m’apprenait ni à
- service militaire », lui avais−tu répondu. Sur ton livret de l’époque, tu arbores un sourire
- Eugène Humbert, il en fallait peu pour me convaincre de toute façon ; je ne ferai pas d’enfant. Le monde est surpeuplé, dégueulasse. Et des gosses il y en a, malheureusement, plein les orphelinats…
- UNE SAISON BLANCHE ET SÈCHE
- alors
- rapidement liés d’amitié.
- dès notre premier entretien, il y a bientôt trois ans. En trois questions.
- Mercredi 25 juin 2014
- Dimanche 29 juin 2014
- voyage. Nous sommes à bout.
- Je ne veux pas entendre parler de ce mot de six lettres commençant par un ‘’c’’. Il me hante.
- Je
- Samedi 12 juillet 2014
- J’ai la gorge serrée depuis des jours. Peu de sommeil.
- sont négatives. Il me semble que cette annonce était, pour le moins que l’on puisse dire, vitale. Cela veut dire ‘’pas de cancer’’ !
- Lundi 21 juillet 2014
- Vendredi 25 juillet 2014
- À ton tour, tu m’as appelée. Nous rentrions des bois.
- Jeudi 31 juillet 2014
- Comme à son habitude, il prend le temps. Il nous explique qu’elles fonctionnent par
- Tu es bien réveillé. Malgré toutes les épreuves que tu endures, le moral est là. La faim aussi. Le repas du soir ne fera pas long feu. C’est bon signe.
- Sébastien n’en a entendue − moi, j’arrive après l’incident. Tu l’exhortes à faire un peu plus
- J’ai dormi et suis moins fébrile.
- 11h45 : fin souflerie Tension : 14.7 ou 14.8
- Me donne un âge de 60 − 65 ans. Merci.
- Consignes à tenir et Mme Latourbe. Infirmière à la maison pour soins. Kiné ?
- jusqu’à ta cicatrisation. Cela tire un peu, mais tu vas bien. Tu utilises ton respirateur consciencieusement, pour rééduquer ton poumon.
- Mardi 19 août 2014
- jamais loin de toi.
- Vendredi 29 août 2014
- JE SUIS INNOCENT !
- Miss m’apprend aussi que son beau−frère, qui travaillait pour EDF dans des locaux
- qu’une chose : te garder.
- Mardi 9 septembre 2014
- Paul
- Lundi 22 − Chimio Mardi 23 − Radio. 1ère
- confirmera que c’est bien ta plèvre pariétale qui est touchée.
- Tu ne prendras pas d’ambulance. C’est moi qui t’accompagnerai. Je ne te lâcherai pas. Nous en décidons ainsi.
- me prévient−on. D’accord. Que pouvez−vous me dire sur le mésothéliome ?
- Lundi 15 septembre 2014
- apparais, si las.
- MONTAGNES RUSSES
- Mardi 23 septembre 2014
- de ponction − ne sont pas visibles aisément. On prend même un petit grain de beauté pour l’un d’eux. Erreur évitée de justesse. Ça chauffe, ça brûle. Un bon quart d’heure. Grande fatigue.
- Il y a les nausées, aussi. J’espère qu’elles vont vite se calmer, maintenant. Et, surtout, j’espère que le traitement agit.
- En milieu d’après−midi, Sonia, l’infirmière au fils tatoué, téléphone aux Milandes. Elle
- De quoi sera faite cette journée ? Des odeurs persistantes et insupportables provoquées par la chimiothérapie, peut−être encore. Même la lessive t’insupporte depuis lundi dernier.
- ne te montre rien. Du moins, je fais de mon mieux. Tu te bats, et j’y crois.
- Je respire, ça m’oppresse. Il y a pire.
- Je suis fatigué et courbatu. Pris un Doli.
- Vendredi 10 octobre 2014
- Résultat radio C 1 Ordonnance piqûres C Bon Résultats analyses du Docteur S. de Nantes C Bon Pas revu le Docteur Durand−Dacquin.
- dans la brouette. Tu travailles, je suis bien. Le Docteur Latourbe a forcément raison.
- Tu as commencé tes piqûres, trois en tout, pour faire remonter tes globules blancs qui ont un peu chuté, même si leur nombre restait correct.
- Samedi 18 octobre 2014
- Lundi 20 octobre 2014
- RDV radiothérapeute − entretien, échange. Ordonnance pour laxatif. Efficace ! Médicament antidouleur : bon aussi.
- Côté endormi.
- Si je me tiens tranquille, je n’ai pas mal. Toujours dans le côté, sans irradiations !
- mortel que lorsqu’il agit seul. Les cellules cancéreuses sont littéralement oblitérées ! ».
- amiante ?
- Samedi 1 novembre 2014
- Vu Mme Latourbe. Avec le sourire. Les analyses sont bonnes.
- Lorsque je reviens, bien sûr, elle a dérogé à ses habitudes : elle est passée plus tôt. Tu me
- Supportable. Mauvaise digestion comme à chaque fois maintenant. Petites nausées. Dégoût. Moyen.
- Côté à peu près tranquille.
- Virginie
- folie d’une poignée d’humains. L’assassinat de Jaurès et la suite. Pour la majorité de nos contemporains, un jour de RTT acquis.
- Je sens toujours le côté assez fort.
- Nuit bonne. Réveillé 7h et avant 3h.
- Virginie
- Jeudi 20 novembre 2014
- Samedi 22 novembre 2014
- C’est presque bien. Pas de douleur araignée* [toile].
- NÉ QUELQUE PART
- mésothéliome en 1995. Il mourra un an plus tard. Madame Voide cherche à savoir où son frère a bien pu être contaminé. Une vieille voisine, relate l’article, lui dit un jour :
- s’agit d’une coïncidence.
- Simone Dupeyroux - Aulnay-sous-Bois, 1952
- Paul Dupeyroux - Aulnay, 1952
- Jeudi 27 novembre 2014
- Samedi 29 novembre 2014
- Même un petit début de liquide est résorbé − le mois dernier.
- Nous mentionnons aussi notre découverte du scandale sanitaire d’Aulnay−Sous−Bois, racontons que tu y es né, que tu y as vécu jusqu’à tes dix−neuf ans.
- Mercredi 3 décembre 2014
- Virginie
- Amélioration ce matin, toujours le côté −sans doute le foie. Courbatures partout − cage thoracique.
- Le goût aussi − tout de même essouflé.
- comme d’habitude. Bien trop incongru dans ce monde inégalitaire. Il s’agit juste d’être
- Saint Albans, revoir Pirae, à Tahiti. Nous nous mettrons aux choses sérieuses quand le traitement sera terminé.
- Je vais aller doucement pour que ça dure.
- Pas mal. Le côté, c’est comme si j’avais quelque chose dedans : ça créée du dérangement et de la gêne, mais pas de douleur.
- Dimanche 21 décembre 2014
- On nous souhaite de bonnes fêtes, trois petits tours et puis bye bye.
- Mercredi 24 décembre 2014
- À vous comme les grains de sable Comme le sang toujours versé Comme les doigts toujours blessés Ah je suis bien votre semblable
- une convertie. Je l’avais repéré à sa sortie. Nous ne l’avions pas évoqué.
- Fin de journée pénible.
- Lundi 29 décembre 2014
- Tu arrives avec une large ceinture autour de la taille. Elle t’aide à mieux te déplacer, à
- Vendredi 2 janvier 2015
- Toujours le côté mais tout petit. Je ne respire pas trop mal. Je sens l’endroit de l’opération.
- Virginie
- Envers tous les pouvoirs de la Terre et du Ciel »
- Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab, François−Michel Saada. Morts. Dammartin− en−Goële, le jeune Lilian caché dans un placard ; son patron, qui perdra tout. Les tueurs mis hors d’état de nuire.
- J’espère que lundi la pneumologue sera d’humeur à nous consacrer un peu de temps, à nous fournir des explications.
- Après son passage, je descends chercher ton thé et ton journal, ton pain au raisin. Nous
- Jeudi 15 janvier 2015
- Tenir avec les paroles du cancérologue, le Docteur Leconduit, en octobre dernier : «
- Virginie
- me lasse.
- pneumologue ne se mouille guère. La distance est sa marque de fabrique. J’espère que la franchise l’est aussi.
- Ta voix est plus affirmée aujourd’hui. J’en suis reconnaissante.
- Ai fait le respirateur.
- Des
- Vendredi 30 janvier 2015
- Je
- monde.
- Latourbe d’en décider, bien sûr.
- forme ?). Je préfère entendre parler de traitement de consolidation que de traitement de maintien.
- Vendredi 6 février 2015
- Dimanche 8 février 2015
- FEU D’ARTIFICE(S)
- d’amiante − ça, on le sait −. On ne peut pas le « déraciner ».
- disponibilité et de communication, a appliqué le traitement qu’il fallait. Les infirmières de
- Je
- Jeudi 12 février 2015
- Samedi 14 février 2015
- LE POURQUOI DU MENSONGE
- Notre médecin de famille a toute notre confiance. Il s’est documenté, ébahi, lui aussi, par l’apparition de cette maladie à laquelle nous ne comprenions rien.
- Monsieur et Madame Voide ont créé un site internet qui retrace l’historique de l’usine, et de leur combat : http://www.ban−asbestos−france.com
- Un
- connaissance d'une part, la longue lutte menée par une famille, des associations, des
- 1938 − Production de centaines de tonnes d’amiante bleu pour les sous−marins de l’armée. 900 tonnes seront « stockées anarchiquement », 500 tonnes évacuées en péniche avant l’arrivée des Allemands.
- 1960 –
- L’Inspection du Travail, dont on peut se demander ce qu’elle a fait pour les ouvriers,
- produits en contenant.
- du Comité de Pilotage Amiante) l'assure à titre bénévole, au CMES Louis Pasteur.
- mieux à leurs questions, préoccupations, de les soutenir, de les aider dans leur démarche d'indemnisation pour obtenir justice.
- J'ai fait en quelques mois beaucoup d'allers et de retours entre mon domicile et l'hôpital
- été clair pour t'expliquer toute cette affaire.
- Un peu moins, mais ça serre.
- Dimanche 22 février 2015
- d’oxygène dans ton sang.
- été). Pour lui, ton essouflement est « une séquelle de la maladie ou du traitement », et il veut « voir où ça en est »…
- Au
- VIVRE ENCORE
- Monsieur Voide nous a transmis un dossier afin que tu sois reconnu en tant que victime de l’usine CMMP. Il y a quantité de documents à fournir. Ce qui est bien légitime.
- Vendredi 6 mars 2015
- Bientôt tu vas reprendre la kinésithérapie respiratoire avec Pascal. Nous avons réussi à te faire prescrire des séances par le Docteur Delabarge.
- corps, mon âme ont été salis, tout comme les tiens.
- Quelle honte.
- que ses collègues à Alger, où tu as refait tout le carrelage de l’Ambassade de France,
- Bonne journée. Travaillé le matin et l’après−midi. Je suis fatigué. Mal dans le côté mais supportable. Au niveau du sternum, c’est toujours bon. Je vais y aller un peu moins fort demain.
- Virginie
- Nous envisageons une première visite sans le bateau. Puis il goûtera à la Méditerranée, lui qui n’a connu que la mer d’Iroise.
- J’espère une amélioration avec le temps et aussi le travail de Pascal.
- Tes
- ans. Et une maison dont le prêt n’est pas encore remboursé.
- Virginie
- Après−midi : meilleure respiration, limitée mais cool. Dans les 90 oxy, faut faire avec. Le cœur bat fort mais ne me gêne pas.
- Vendredi 3 avril 2015
- Je vais au Temple, puis nous déjeunons ensemble. Josy a fait un gros gâteau au chocolat. Je le prends en photo pour Aki, toujours avide de recettes à la française.
- de plus que moi. Un jour il t’a appelé papa. Mais il ne fallait pas brouiller les pistes. Alors tu es devenu Paul, et désormais tu étais à nous deux.
- Jeudi 9 avril 2015
- Virginie
- Virginie
- MON PAYS ÉTAIT BEAU
- Ce cancer a bouleversé ma tête d’ancien gamin qui avait gardé dans un petit coin au
- Mercredi 15 avril 2015
- Tension. Ai travaillé au jardin. Assez bien si j’arrête de bonne heure : maintien = pas trop mal.
- enfin à nous !
- notre dossier : deux témoignages, que nous recevrons rapidement. Et le dossier médical de Simone.
- Ma grand−mère restera l’une des victimes officieuses. Elle ne doit pas être la seule. Il va falloir faire avec ça.
- Travail petit jardin + planté persil −
- Virginie
- Virginie
- amoureuse des oiseaux, tout comme toi. Le lien que je lui transmets devrait l’intéresser.
- Bon démarrage ce matin.
- Mardi 5 mai 2015
- sont tombé.e.s malades, pour les morts dont ils sont responsables. J’ai beau me creuser la tête, aucun adjectif ne saurait qualifier la cruauté de ces empoisonnements mortels collectifs.
- Il n’empêche : les grandes manœuvres commencent aujourd’hui. Vous voilà tous les deux
- Sébastien et toi continuez à monter votre ouvrage. Les parpaings s’élèvent, et votre excitation est palpable. Ce premier chantier du retour à la vie revêt un caractère si particulier, si beau.
- Virginie
- Journée moyenne. Soufle court. Gêne côté opération. Juste un peu bricolé.
- Comme hier pas de douleur mais je sens l’opération verticalement, le foie aussi. Peu de soufle. Ai travaillé chez Ninie mais moins forcé.
- Ce soir : un peu plus dur.
- avant notre pause thé elle aussi retrouvée. Le bonheur.
- Journée assez bonne.
- comme ton fils.
- qui me met dans tous mes états. C’est un peu comme retourner sur le lieu d’une agression
- sommes en plein ‘’référentiel bondissant’’ version médecins (la fameuse définition pompeuse du ballon). Mais c’est un peu plus grave que dans l’éducation nationale.
- Vendredi 29 mai 2015
- peine à tenir debout. Je n’ai aucun courage. Vautrée sur une chaise longue − ce que je ne
- LES BARBARES
- Le discours a changé. L’arrogance est de retour. Nous sommes figés. Muets.
- En
- peux jusqu’aux vacances d’été. Quant à la rentrée, on verra.
- Mercredi 3 juin 2015
- Virginie
- Nous n’avons pas la chance de tomber sur le clan des modestes, de ceux qui prennent le temps d’expliquer et la maladie, et la chance d’obtenir le résultat escompté.
- simple, conscient de sa modeste condition humaine, au milieu d’une espèce qui te fait souvent honte, de par les massacres, les horreurs et les guerres qu’elle commet.
- cure de seconde ligne. Je ne te quitterai pas une seconde. Je vais écouter, prendre des notes et poser des questions.
- Nous aurions aimé savoir cela lundi dernier.
- Virginie
- Jeudi 11 juin 2015
- ça, tu le sais, on nous l’avait dit l’an dernier aussi. S’il a lieu cette fois, sous quelle forme te
- Virginie
- Lundi 15 juin 2015
- plus court, durée d’une heure ; je reste. Elle semble tomber de la lune. Vachement rassurant.
- de comptes rendus. Après ses assomptions qui reflètent une méconnaissance crasse du protocole − heureusement, élaboré avec d’autres médecins −, comment s’y fier encore ?
- Ce soir, je discute longuement avec Nadia. Elle reste très positive.
- Je ne sais plus si les antidépresseurs ont un effet sur moi. Mon instinct est coupé. Plus rien en moi ne répond.
- Dalton, notre poney, s’est soudainement mis à faire des selles liquides avec du sang, beaucoup de sang.
- Ce soir, il va mieux ; il broute. Mais la vétérinaire me rappelle. La prise de sang effectuée n’est pas bonne. Elle est très pessimiste. Il ne lui resterait plus qu’une ou deux semaines à vivre.
- Journée à peu près normale. Serré, crispé au foie l’après−midi. La soirée a été plus calme.
- Virginie
- Pas mauvaise journée. Soufle court et côté que je sens.
- Dalton s’accroche aussi.
- Gaston et ma cousine Hawa. Mis à part eux, c’est le néant. Nous avons avec nous quelques personnes de cœur, Dieu merci.
- Lundi 29 juin 2015
- trépas.
- Mardi 30 juin 2015
- Toujours l’essouflement et le côté, et le filet sur le thorax côté droit. Cet après−midi comme depuis ce matin, repos − canicule.
- Vendredi 3 juillet 2015
- Je manque encore de soufle mais il y a un mieux, comme je l’ai dit plus haut. Peut−être un peu moins fatigué aussi ! Par contre, je tousse bien.
- Lundi 6 juillet 2015
- Les infirmières semblent étonnées d’avoir affaire à un patient si entré en lui−même, si
- la dépollution, la dalle de béton qui désormais recouvre le site de
- Jeudi 9 juillet 2015
- Meilleures sensations. À suivre.
- me ronge.
- Lundi 13 juillet 2015
- suis pas la seule, que ton appétit décline. Je t’ai fait un gâteau à la noix de coco, à base de
- que l’on nous a dit par téléphone, lorsque nous avons appelé l’hôpital. La chute de tes plaquettes ne les inquiète pas non plus. Tout doit remonter « tout seul ».
- Un tout petit mieux ce soir, du moins je pense. J’ai repris 300 grammes. Il faut que je dorme. Un peu d’eau aussi serait bien.
- Virginie
- Mercredi 22 juillet 2015
- Tu sais que, le diagnostic posé, elle n’a survécu que dix mois. Elle a tenu à voir ses enfants
- nous accomplissons dehors. Les parterres sont presque tous nettoyés. Il me reste la cabane des poules, celle de Dalton qui n’a plus de locataire, son grand champ à tondre, et un petit jardin à biner.
- qui
- Lundi 27 juillet 2015
- Après t’avoir ausculté et déclaré que tout semble aller pour le mieux, une fois de plus, elle
- es en forme. Est−ce un signe que le traitement agit comme on le désire tant ? Le moral, aujourd’hui, est bien là.
- Virginie
- Jeudi 30 juillet 2015
- Paul
- Côté bloqué, soufle court. Pas de problème si je ne bouge pas. Toux aussi emmerdante. À suivre.
- Le versement de la rente qui t’a été octroyée par le FIVA a un mois de retard. Manque de
- ne veut pas que tu en perdes. Alors tu t’accroches à ses paroles et tu fais de ton mieux.
- Virginie
- Lundi 3 août 2015
- Essouflement et crispation reviennent dans la journée. C’est un peu difficile.
- Il faut pouvoir aller au bout de ce traitement. Envie d’hurler de rage.
- NOUS SOMMES NICK CHEVOTAREVITCH
- contiens, je ne veux pas te rajouter davantage d’angoisse.
- Tu as cet examen à passer, et tu seras transféré dans le service de pneumologie cet après−
- souffrance ! À un moment, enfin, l’infirmière s’en rend compte et essaie de te détendre en pratiquant un peu de sophrologie.
- L’oxygène t’aide, t’apporte du confort.
- Dimanche 9 août 2015
- Ce matin, le Docteur Kovatchev est revenu te voir. Le diagnostic de la cause de cette
- Mardi 11 août 2015
- ce qui le navre.
- En dépit de la canicule, tu manges ce que l’on t’apporte, tu blagues ; la vie − si l’on peut la
- Je sors du rendez−vous et trouve un message de Josy. Avec Sébastien, elle est allée te chercher à l’hôpital. À mon grand désarroi, l’heure de ta sortie coïncidait avec mon rendez− vous.
- Suis au fond d’un trou noir. Mais il faut remonter en selle. Et trouver une issue qui redonne de l’espoir. La bataille fait rage, et Nadia me qualifie de bon petit soldat qui va trouver la solution.
- Sur internet j’ai trouvé, à Villejuif, le nom d’un spécialiste du mésothéliome. Il faut que nous allions le voir. Et vite.
- Je vais apporter un maximum d’informations sur tout le déroulement de la maladie et les
- placer d’emblée hors des clous.
- Mais le curriculum vitae de notre spécialiste t’impressionne. En effet, il y a bien deux poids, deux mesures en médecine.
- de tout commentaire négatif sur ta prise en charge, si l’on peut d’ailleurs la qualifier ainsi, pour ce premier contact.
- Attente à l’accueil. Puis dans le service.
- Écœurée.
- Jeudi 20 août 2015
- Vendredi 21 août 2015
- qui ne pense pas.
- Tu ne veux pas de la quatrième séance si le protocole reste le même. On va demander ton
- AU PAYS DES FRELONS
- Je ne peux m’en empêcher, je lui expose les techniques utilisées dans le service où bientôt
- oxygéner correctement. Nous n’en attendons pas davantage.
- Et je fais le point sur cette journée : on dirait qu’ils sortent l’artillerie lourde pour s’occuper
- plus désormais que deux auprès de toi. Vivement notre départ. Dans vingt jours.
- Même très fatigué, malgré la maladie et l’incompétence dont tu es la victime, tu as toujours l’allure d’un homme en pré−retraite. À soixante−treize ans, tu n’en fais pas soixante.
- secret, ses textes nous ont toujours portés. Ils ont si souvent été le reflet de notre état
- Nadia
- Villejuif ? Il faut être vigilants, nous le savons bien désormais. C’est mardi dernier qu’une
- Le protocole qui a tant fait parler de lui au cours de la réunion privée il y a une semaine se
- Je continue à dormir aux Milandes malgré la rentrée. Nos chiens sont seuls à la maison le
- L’une des deux hébétées écoute ton histoire. L’autre s’en va sans dire un mot. Lame plantée au fond du cœur. Au fin fond de cette chambre, devenue notre ratière.
- Jeudi 3 septembre 2015
- conditions les plus acceptables possible.
- m’exaspérer davantage encore, considérant que son incompétence et le manque d’hygiène
- animaux. Une amitié rare et précieuse. Une sœur, de mon âge, que j’ai rencontrée il y a vingt−six ans, dont la fidélité ne s’est jamais démentie. Comme Aki, elle t’estime et elle t’aime.
- mettre en arrêt cette fois car on ne peut plus gérer la situation à deux. Nous ne parvenons même plus à nous gérer.
- Le pneumologue, Delabarge, est réellement certain que l’épanchement est dû à l’infection. Rien d’autre n’est en cause. Rabâché aujourd’hui.
- Ce matin, une infirmière nous appelle concernant ton bon de transport. On lui explique que
- Elle te retire le pansement qui couvre les points de ta ponction. Et enfin, nous fiche la paix.
- pleine conscience qu’elle ne t’était pas adaptée. Pleine conscience que ce que l’on t’a
- Nous sommes au fond du gouffre. Josy pleure d’épuisement. Nous appelons Nadia. Qui
- teint au guichet nous demande d’attendre patiemment, après avoir noté tout notre pédigrée. Delabarge est en consultation privée. Il a d’autres chats à fouetter. Elle l’appelle, malgré tout.
- Une infirmière a appelé. Elle nous a dit sans ménagement que tu allais mourir. Elle nous a demandé d’apporter tes affaires.
- Alors, peut−être. Comment suis−je parvenue à enfiler quelques vêtements, à me débarbouiller ?
- être, sûrement. Il dit que tu es réveillé.
- Que s’est−il donc passé ? Eh bien, ils ne se sont pas rendu compte que tu avais trop de gaz
- Samedi 12 septembre 2015
- par un jeune pasteur d’origine camerounaise. Si tu le ressens en ce moment, et je sais que c’est le cas, je suis sûre que l’idée de plaît. Tu aimes toute abolition des frontières.
- permanence. Gabriella dénote du lot. Tu restes bien conscient.
- J’ai les yeux rivés sur le compteur, le pourcentage de gaz carbonique. Espérant de toutes
- d’exprimer notre grande inquiétude qu’il nous coupe la parole. Il nous hurle dessus, sans
- Déchirure. Arrachement. Supplice. Ta Passion.
- LE MONDE ENTIER SAURA
- Et nos vies sont brisées. Il n’y a plus rien à faire. Il n’y a plus rien à dire.
- Tu te reposes enfin.
- poème par cœur.
- Tu es beau, toujours, et serein, comme avant tout ça. Effectivement. Ton sourire apaisé me rassure. Et tu parais si jeune. Rien de cela n’a changé.
- peu de paix.
- Comment nous résumer à tous ? Je n’ai pas su faire mieux que cela. Je lis ces mots, comme droguée :
- La chance a été de mon côté si je regarde les choses lucidement. Un homme sur cinq peut
- Les tueries cesseront, la terre ßeurira Dans la paix fraternelle
- DIS PAPA, QUAND C’EST QU’Y PASSE ?
- Ban Asbestos France
- pulmonaires, le cadet d’un cancer du foie. J’ai réalisé bien plus tard que le zircon pouvait en être la cause. Amiante, oxyde de fer, silice, zircon : c’est le triste curriculum vitae du CMMP.
- apprendre que ce grand Monsieur organise des colloques, pour expliquer la maladie aux
- Je vais découvrir les autres scandales liés à cet isolant cancérigène qui fut longtemps décrit
- analyses sanguines aux résultats des prélèvements concernant ta contamination par une
- Josy : − Non !
- ce protocole, du manque d’hygiène de cet établissement et du comportement inhumain adopté par l’équipe médicale dans sa très large majorité.
- Bien
- À jamais
- Un site non classé amianté !
- Minotier. Oui, celui−là même. Celui qui nous a insultées alors que tu souffrais sous ton
- ont été dépollués et déconstruits selon les exigences techniques réglementaires, c’est−à−dire sous confinement étanche.
- Dans les écoles du Bourg et d’Ormeteau, un professeur est décédé d’un mésothéliome. Une
- « L’obligation de subir nous donne le droit de savoir ». Cette citation de Jean Rostand, Annie
- s’endormir,
- Rendez-vous
- DANS UN GRAND CHAMP AU SOLEIL
- Je resterai à tes côtés. Jusqu’à mon dernier soufle.
- UNE NOTE D’HENRI PÉZERAT
- POSTFACE − STANLEY
- Des
- L’attente des résultats des prélèvements. L’obsession, la terreur qui reprend. Plus d’une
- trop y croire. En espérant ma libération conditionnelle avant la mort, à laquelle je résiste pour mes quelques proches. Sans eux, j’aurais claqué la porte.
- canapé. En arrêt maladie, le cœur et l’âme en vrac. Je le caresse, je lui parle, le rassure et l’assiste. Nous passons nos derniers moments ensemble. Je le sais.
- Le soir du 16 septembre, le plus beau chien du monde n’en pouvait plus. Il faisait de son
- Le
- QUAND LEUR HEURE SONNERA
- BIBLIOGRAPHIE ET RÉFÉRENCES
- Regulating
- Docteur David Planchard
- Professeur Arnaud Scherpereel
- Mésoclin
- Pour demander les résultats anatomopathologiques d’un mésothéliome :
- Associations et groupements scientifiques
- Cabinet d’avocats TTLA
- 29 rue des Pyramides 75001 Paris
- 21 rue Roux de Brignoles 13006 Marseille
- https://www.ttla−avocats.com
- Jacob Alexandre Marius − Extermination à la française : lettres de prison et du bagne à sa mère. Paris, L’Insomniaque, 158 p. − 2000
- Références cinématographiques
- Références discographiques :
- Renaud
- Première publication : Éditions Vérone, 2018
- ANNEXES
- index_split_369.html
- Une planche de l’exposition « Aulnay-sous-Amiante : une lutte populaire contre l’indifférence »,
- RETOUR SUR VINGT-CINQ ANS D’ACTION CITOYENNE POUR LE DROIT À LA SANTÉ
- me fera copie de l’arrêté d’autorisation d’ouverture de 1938 et d’un extrait du plan de
- bâtiment est détruit mais la production continue et la poussière s’échappe par les
- ressortira quelques photocopies confirmant la présence d’amiante après la guerre,
- salle Gainville et plus de 100 d’entre elles s’y entassent. Nous expliquons notre enquête.
- statistiques officielles dénombrant trois fois plus de mésothéliomes à Aulnay qu’en Île−de−
- S’en suivent deux réunions en sous−préfecture où est, enfin, envisagée la démolition du site pollué. Début d’une longue bataille pour exiger le confinement du désamiantage sous bulle.
- L’étude
- Il s’agit de tenter d’assurer ce suivi préconisé par les études CIRE−INVS et GISCOP 93 au lieu et place de l’ARS défaillante.
- EN CONCLUSION
- Réunion publique à Aulnay-sous-Bois (93), le 4 mai 2018 – de gauche à droite
- Dun-les-Places (58), le 24 avril 2019 – débat dans le cadre du Festival des Droits Humains en compagnie de Paul François, fondateur de l’association Phyto-Victimes, auteur du livre
- Aulnay-sous-Bois, novembre 2020
- TOUR DE FRANCE
- « La ruinification est un acte perpétré, une condition à laquelle chacun est soumis, et une cause de
- Stephan Schmidheiny, PDG d'Eternit de 1974 à 1993, est exilé en Amérique du Sud avec ses milliards
- À
- Je vais rencontrer des médecins en santé publique qui ne connaissent pas la différence entre le
- coutume après une catastrophe industrielle, ont suivi les mensonges de la préfecture, de l’ARS, bref,
- Je garde en mémoire les trois pêcheurs de Douarnenez (29) qui, au milieu des années quatre−vingt,
- victimes qui ne parviennent pas à comprendre l’origine de leur contamination. Professionnelle ? Environnementale ? Où ? Quand ?
- Paul l’appelait
- En ce mois de février 2021, le président Macron a annoncé un énième plan cancer. L’accent est mis
- Le ministère de l’Éducation Nationale a établi des protocoles sanitaires successifs pour tenter de
- Amiante et phyto : même combat !
- Des citoyens continuent à faire le travail des autorités afin de retrouver les victimes de l'ancienne usine de broyage d'amiante.
- la nouvelle chair à canon d'une guerre silencieuse, pernicieuse, qui nous tue à petit feu à coups
- 18 Danielle de March−Ronco, Clara et les poussières bleues. Hyères, Sudarènes, 2011
- À Paul, Mo Chuisle et à notre Stanley À Pierre,
- SOMMAIRE
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