« Ce n'est pas des réformes qu'il faut en Guyane, c'est un chambardement général. »
En 1923, Albert Londres débarque en Guyane, là où la France envoie depuis des décennies ses condamnés aux travaux forcés. Pendant des semaines, il parcourt Cayenne, Saint-Laurent-du-Maroni et les îles du Salut, entre dans les cases communes, descend dans les cachots et parle avec ceux que l'on a voulu oublier.
Il découvre des hommes rongés par la fièvre et la faim, des forçats envoyés casser des cailloux sur une route coloniale commencée depuis cinquante ans et qui ne mesure que vingt-quatre kilomètres, des fous enfermés avec les autres, des lépreux, des évadés repris dans la brousse. Il rencontre aussi des figures célèbres : Ullmo, l'ancien officier de marine condamné pour trahison, Dieudonné, de la bande à Bonnot, ou encore Roussenq, l'éternel révolté des cachots.
Et puis il y a les libérés, condamnés au « doublage » : leur peine finie, ils doivent rester en Guyane, sans travail ni ressources, livrés à la misère.
Le reportage qui bouleversa l'opinion française et contribua à la fin du bagne : un témoignage brûlant, écrit avec l'humanité et l'ironie féroce du plus grand reporter français.
?À PROPOS DE L'AUTEUR
Albert Londres (1884-1932) est l'une des grandes figures du grand reportage français. En 1923, son enquête sur le bagne de Guyane provoque un immense retentissement et alimente le combat qui mènera à la fermeture du bagne. Le prix Albert-Londres récompense aujourd'hui encore les meilleurs reporters francophones.
