La Grande Guerre ne s'est pas seulement jouée dans les tranchées. À l'arrière aussi, la peur, la propagande, la haine et les rivalités ont façonné le conflit.
Michel Corday tient pendant la guerre un journal au jour le jour. Proche des milieux politiques et administratifs, il observe ce que les communiqués officiels montrent rarement : les ministres qui doutent, les rumeurs qui circulent, la censure, les réfugiés, les blessés, l'« espionnite », les petites rivalités du pouvoir et cette société française qui apprend brutalement à vivre avec la guerre.
Pacifiste, Corday refuse de transformer l'ennemi en caricature. Il note les contradictions, les emballements patriotiques et les histoires que l'on préfère croire parce qu'elles rassurent ou attisent la colère. Dès août 1914, il écrit que, Français, il reste avant tout humain et qu'il garde sa « haine de la haine ».
Ses notes font aussi entrer le lecteur dans les coulisses du pouvoir, auprès de Briand, Viviani, Poincaré, Thomson et d'autres figures de la guerre.
Un témoignage exceptionnel sur la Première Guerre mondiale vue non depuis le front, mais depuis les bureaux, les rues, les hôpitaux et les consciences de ceux qui vivaient à l'arrière.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Michel Corday (1869-1937) est un écrivain et observateur français, connu notamment pour ses positions pacifistes. Durant la Première Guerre mondiale, il tient un journal consacré à ce qu'il appelle le « drame immense de l'arrière », qu'il publie quatorze ans après l'Armistice.
