Une histoire de l'homosexualité en Amérique latine
Alfonso Carvajal
Cet ouvrage fait 212 000 caractères, 34 000 mots, soit 176 pages en équivalent format papier.
1614. Sur l'île de Maragnan, au nord du Brésil, des Français attachent un Tupinamba à la bouche d'un canon. Son crime n'est jamais nommé. Avant l'exécution, un chef indien lui promet qu'au jour de la résurrection il pourra demander un corps de femme.
De cet homme sans nom aux mariages de Buenos Aires et de Mexico, ce livre raconte cinq siècles d'une histoire longtemps tue. On y croise les quarante hommes livrés aux chiens de Balboa dans l'isthme de Panama et Cotita, brûlé à Mexico en 1658. On y rencontre Catalina de Erauso, la nonne devenue soldat, les invités du bal des 41, dont le nombre fut maudit pendant un siècle, et Madame Satã, voyou et artiste travesti des nuits de Rio. Viennent ensuite les camps cubains de l'UMAP, les militants argentins sous la dictature, Reinaldo Arenas écrivant avant la nuit, les années du sida, puis les lois qui, depuis 2010, ont fait de l'Amérique latine l'une des régions pionnières du monde, sans effacer la violence qui y tue encore.
S'appuyant sur les chroniques des conquérants, les archives de l'Inquisition, les rapports de police et les voix des intéressés eux-mêmes, ce récit montre comment les injures d'hier sont devenues les noms qu'on se donne aujourd'hui.
