Une histoire de l'homosexualité en Angleterre
Julian Finch
Cet ouvrage fait 543 000 caractères, 87 000 mots, soit 452 pages en équivalent papier.
« Je l'ai fait parce qu'il n'y a aucun crime à faire de mon propre corps l'usage qu'il me plaît. » Un homme arrêté à Londres, en 1726.
Pendant près de cinq siècles, l'Angleterre a puni de mort, puis de prison, l'amour entre hommes. En 1533, Henri VIII fait d'un péché un crime d'État. En 1835, deux hommes sans fortune, un palefrenier et un journalier, sont pendus devant la prison de Newgate pour avoir été vus par le trou d'une serrure. En 1885, une phrase votée un soir d'août dans une Chambre presque vide invente le délit de « grossière indécence » : Oscar Wilde en mourra, Alan Turing aussi.
Cette histoire se lit d'abord dans les archives de la répression, parce que seuls les juges écrivaient. On y croise un travesti interrogé à Londres en 1394, les tavernes clandestines de Mother Clap, les maris féminins fouettés sur les places du Somerset, une femme du Yorkshire qui tenait son journal en code secret, un philosophe qui démontra l'absurdité de la loi et n'osa jamais le publier, et des milliers d'hommes dont on ne sait rien, sinon qu'ils ont aimé.
Elle s'achève en 2021, quand le visage de Turing paraît sur les billets de cinquante livres. Mais toute réparation suppose un tort, et c'est ce tort, dans toute sa durée, que ce livre raconte.
