Histoire de l'homosexualité au Maghreb
Siham El Ghorfi-Mansouri
Cet ouvrage fait 137 000 caractères, 22 400 mots, soit 114 pages en équivalent format papier.
Au XIIIe siècle, un savant né près de l'actuelle Souk Ahras consacre un livre entier aux amours que la morale réprouve. Il l'intitule Ce qu'on ne trouve dans aucun livre.
Huit siècles plus tard, l'homosexualité reste punie par la loi au Maroc, en Algérie et en Tunisie. Entre les deux, une histoire méconnue, qui défait deux idées reçues à la fois : celle d'un Orient où tout aurait été permis, et celle d'une hostilité immuable, inscrite de toute éternité dans la culture ou dans la religion.
De Carthage à Tanger, de Kairouan aux bagnes d'Alger, Pierre Ernoult suit les poètes qui chantaient les garçons, les juristes qui punissaient sans presque jamais condamner, les hôteliers efféminés de Fès décrits par Léon l'Africain, les écrivains européens venus chercher au soleil une liberté interdite chez eux. Il donne aussi la parole à ceux que l'histoire a longtemps fait taire : les garçons de Gide, les femmes absentes des archives, et les écrivains, cinéastes et militants qui, depuis Mohamed Choukri, ont choisi de dire « je ».
Une fresque de deux mille ans, appuyée sur les sources, qui raconte comment une société a pu tout à la fois réprouver, tolérer, chanter et taire.
