Il garde un pont sur la rivière. Un matin, il devra choisir entre un train de voyageurs et l'enfant qu'il aime le plus.
Au fond d'un vallon basque, le vieux Blas, soixante et onze ans, n'a plus qu'une joie : son petit-fils de six ans. Chaque jour, il manœuvre un pont mobile au pied d'une montagne noire, là où les trains s'engouffrent dans le tunnel. Ce matin-là, malgré les craintes de la mère, l'enfant l'accompagne : jeux dans les fleurs, nid de loriots, et un conte inventé pour lui, l'histoire de Guignonet, le petit garçon sans oreilles toujours puni pour ses bonnes actions.
Mais la sonnette retentit, l'express approche, et un cri s'élève du bord de l'eau. En quelques secondes, le vieil homme fait face à un choix impossible. Ce qu'il décide le poursuivra dans les montagnes, jusqu'aux soupçons des villageois et à la colère des hommes, comme si le conte de Guignonet était devenu sa propre vie.
Poète du Parnasse et conteur parmi les plus lus de son temps, Catulle Mendès signe en 1882 une nouvelle bouleversante sur le devoir, la culpabilité et l'injustice, mêlée de merveilleux. En complément, deux contes galants pleins d'esprit. Pour les amateurs de Maupassant, de Daudet et des drames paysans du XIXe siècle.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Né à Bordeaux en 1841, Catulle Mendès s'installe très jeune à Paris, où il fonde La Revue fantaisiste en 1861 puis participe à l'aventure du Parnasse contemporain. Premier époux de Judith Gautier, poète, romancier, conteur, dramaturge et critique, il fut l'une des plumes les plus prolifiques et les plus en vue de la vie littéraire parisienne. On lui doit notamment le roman Méphistophéla, d'innombrables contes galants et les livrets de Gwendoline pour Chabrier et d'Ariane pour Massenet. Il meurt en 1909 à Saint-Germain-en-Laye.
