ATTENTION — ROMAN SULFUREUX, SCÈNES DE TORTURE ET DE SADISME, RÉSERVÉ À UN PUBLIC AVERTI.
Escroc, maître chanteur et candidat battu, le narrateur en sait trop sur son ami ministre pour qu'on le laisse traîner dans Paris. On l'expédie donc à Ceylan, chargé d'une mission d'embryologie à laquelle il ne connaît rien. À bord du paquebot, il rencontre miss Clara, Anglaise rousse aux yeux verts, riche et libre, qui ne s'éprend de lui qu'après l'aveu de ses bassesses. Elle lui promet l'amour sans lois de la Chine.
Chaque mercredi, Clara va au bagne jeter de la viande pourrie aux forçats, puis flâne dans un jardin somptueux où pivoines, glycines et gibets poussent sur une terre gorgée de sang. Pour elle, l'amour et la mort ne font qu'un ; pour son amant, fiévreux et fasciné, cette journée devient une descente aux enfers. Sous l'horreur et la volupté perce une satire féroce de la politique, du colonialisme et de la bonne conscience européenne.
Journaliste redouté et polémiste de tous les combats, Octave Mirbeau signe en 1899, en pleine affaire Dreyfus, son roman le plus scandaleux, classique de la littérature décadente où l'érotisme le dispute à l'épouvante. Pour les lecteurs de Sade, de Huysmans et des grands textes maudits de la fin du XIXe siècle.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Né en 1848 à Trévières, dans le Calvados, Octave Mirbeau fut journaliste, critique d'art, romancier et dramaturge. Polémiste redouté, anarchiste de cœur et dreyfusard engagé, il défendit Monet, Rodin, Pissarro ou Camille Claudel et s'en prit sans relâche à l'Église, à l'armée et à la bourgeoisie. On lui doit notamment "Le Calvaire", L'"Abbé Jules", "Sébastien Roch", "Le Journal d'une femme de chambre" et la comédie "Les affaires sont les affaires". L'un des dix premiers membres de l'Académie Goncourt, il meurt à Paris en 1917.
