| Le processus de l’UX design | 1 |
Le processus de design suit un ordre logique comprenant plusieurs phases successives. Du fait de la grande variabilité des projets, il s’agit plus d’un cadre général de travail que d’un mode d’emploi, le plan de route étant défini précisément pour chaque projet, à l’instar du budget et du planning. Ce cadre de travail a pour avantage de fixer des objectifs à chaque fin de phase (matérialisés par des livrables).
Dans ce chapitre
- Trois sujets d’étude
- Un processus en quatre phases
- Une démarche non sérielle
- Erreur et innovation
TROIS SUJETS D’ÉTUDE
Le design d’expérience utilisateur ne concentre pas toute son attention sur l’utilisateur. Dès 2001, dans la première édition d’
Information Architecture for the World Wide Web , Peter Morville a schématisé les trois éléments centraux qui sont pris en compte à parts égales dans l’
architecture de l’information (
figure 1-1) :
- l’utilisateur, évidemment, c’est-à-dire ses motivations, ses comportements, ses attentes et ses contextes d’utilisation ;
- le contenu, qui comprend l’information et les services ; l’information recouvre tous les médias (textes, images, sons, vidéos, données, fichiers…), les métadonnées (mots-clés, catégories, dates, auteur…) et le contenu généré par les utilisateurs ;
- le contexte, c’est-à-dire les objectifs du projet, la culture d’entreprise du commanditaire et les ressources dédiées au projet.
Ce modèle fonctionne toujours pour les projets qui gèrent un certain volume de contenu et pour lesquels l’architecture de l’information est centrale. Néanmoins, dans d’autres cas, comme les dispositifs médicaux ou d’autres appareillages professionnels, la taille du corpus n’est pas significative. Si la question de l’accès à la bonne information au bon moment dans le bon contexte reste centrale, la question de la gestion du corpus et de l’édition l’est moins. Dans ce cas, comment définir la bonne méthode pour prendre en compte tous les types de projets ?
UN PROCESSUS EN QUATRE PHASES
Des professionnels et des organismes, comme le Design Council ont cherché à formaliser de façon claire et simple le processus du design. La tâche n’est pas aisée, tant le déroulement peut donner une impression de désordre, comme l’illustre le schéma de Damien Newman (figure 1-2), qui a souvent été repris. Parce que le design est un travail de recherche, d’imagination, de prototype et de test, et par conséquent le fait de tâtonnements, d’essais et d’erreurs, il est en effet naturel qu’il comporte des retours en arrière et qu’il ne puisse se comparer à un projet de pure production.
Cependant, quatre grandes étapes distinctes se succèdent toujours de façon logique. On les représente sous la forme d’un double diamant (double diamond) (figure 1-3).
Figure 1-3 : Le processus de design en double diamant formalisé par le Design Council
- La phase de découverte (discovery phase) est une phase d’ouverture. Elle combine la définition de la stratégie (avec l’interview des parties prenantes), la recherche sur les utilisateurs et l’inventaire du contenu. Cette étape de démarrage vise à collecter toutes les informations nécessaires pour établir la vision d’ensemble du projet et identifier les problèmes à résoudre.
- La phase de définition est une phase de convergence qui fixe le périmètre du projet et définit la portée du dispositif sur la base de scénarios d’usage, qui sont l’expression de la vision de l’expérience future. Cette phase clôt la première partie du projet.
- La phase de conception qui suit démarre avec des séances d’idéation qui concernent tous les aspects du dispositif. Elle doit permettre, à partir des scénarios d’usage définis, d’imaginaer les flux, les interfaces et les interactions correspondants. Cette phase d’ouverture permet ainsi d’envisager plusieurs hypothèses de réponse au problème posé.
- La phase de réalisation consiste à tester de façon itérative les prototypes réalisés et à les modifier en fonction des retours des utilisateurs. Cette phase comprend le design graphique et le développement pour aboutir à la livraison finale.
Jesse James Garrett
, qui s’est penché sur la démarche appliquée à un site web, a proposé une autre formalisation du processus. La phase de découverte reste identique, mais il a détaillé les étapes suivantes, qui vont de la définition du périmètre jusqu’à l’interface graphique. Selon lui, ces quatre étapes sont à cheval entre la phase d’
idéation et la phase d’
itération : qu’il s’agisse du périmètre du projet, de la structure sous-jacente ou du
design d’interface, tous font l’objet d’idéation, de sélection et de test.
Il n’est pas vraiment possible de concilier toutes ces représentations en un seul schéma unificateur. Néanmoins, quelle que soit la représentation que l’on retienne, il reste que la démarche va du plus abstrait au plus concret. Elle vise à appréhender au départ la complexité inhérente au projet, puis à ouvrir sur toutes les solutions possibles, pour ensuite resserrer au moyen de tests permettant sélectionner le candidat le plus prometteur et de l’affiner au fur et à mesure.
David SERRAULT : « L’UX est centré sur le produit »
On parle trop souvent du projet et pas assez du produit, qu’il soit tangible ou non, et on en vient parfois à oublier la finalité. Je crois que la focalisation excessive sur le projet amène souvent les entreprises à perdre le but de vue. Le projet pourrait même s’opposer au développement de l’UX. Le projet est « organisation-centrique ». L’UX est « produit-centrique ». On parle d’organisation du travail en mode...